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samedi 10 avril 2021

Science sans conscience...



 Cela fait très très très longtemps que je n'ai rien écrit sur ce blog. Entre les différents rounds de confinement, l'écriture non-stop (je ferai peut-être un article sur les difficultés de la création non-stop, mais pas aujourd'hui), sans vacances, avec déménagement, changement de vie, etc., je n'ai pas eu le temps de m'en occuper. Et puis, il se trouve qu'entre-deux, je me suis lancée dans une activité parallèle, la communication intuitive et les soins énergétiques aux autres espèces. 

Bref. 

Depuis des années (en fait, depuis ma thèse), je m'intéresse à notre rapport à l'autre et au monde. L'autre - humain. L'autre en tant qu'autre. A notre propension à vouloir  mettre le monde en case au lieu d'y habiter. A notre manie de vouloir définir,classer, étiqueter, jusqu'au ridicule dans notre volonté de vouloir nous différencier des autres espèces et asseoir notre supériorité à coups de grandes définitions du genre : "l'homme est l'animal / raisonnable/ social/ politique/ blablabla..." (1/ c'est faux 2/ Diogène a résolu le problème bien avant moi). Dans ma thèse, j'expliquais aussi que le lien, c'était d'abord d'une singularité à l'autre, quel que soit le "je" et quel que soit 'l'autre". La relation qui se construit alors peut être décrite selon le même principe que celui décrit dans Jeu et réalité par le psychanalyste Winnicott. Cette relation, c'est un espace commun, nouveau, évolutif co-créé par deux personnes singulières (par le biais du jeu, d'abord : exemple, des enfants créant ensemble un univers dans lequel ils et elles incarnent fées, lutins, etc puis par le biais de sujets communs chez les adultes, l'art, la philosophie, le sport, etc..) 

En cela, je m'efforce de m'opposer - tant qu'il m'est possible, car je suis née dans une société qui classe pour mieux dominer (autre débat) - aux tentations anthropocentristes et aux étiquettes. Bon, c'est compliqué. Toutefois, cela me permet de mieux comprendre pourquoi les "vérités scientifiques" me hérissent, d'autant plus quand elles sont au service d'une objectivation du vivant. 

(Fin de l'introduction, entrons dans le vif du sujet...) 


 

Cela fait pas mal de temps que je dévore des essais d'éthologie et de philosophie questionnant notre rapport aux autres espèces animales. Parmi mes belles découvertes : Penser comme un rat, de Vinciane Despret, Être bête : l'esprit des étables (la même, en collaboration avec Jocelyne Porcher), Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer (plus soft que d'autres sur le même thème) , Les Émotions des animaux, de Mark Bekoff, et La Dernière étreinte, de Frans de Waal. Cela m'a permis de mettre le doigt sur quelque chose qui me gêne - et de plus en plus : l'argument "scientifique" appliqué au vivant et le même argument scientifique permettant de justifier l’anthropocentrisme sous réserve d'accusation... d'anthropomorphisme

1/ C'est "scientifiquement prouvé"... Allez, je ressors mes bouquins de philosophie des sciences. Je fais un bisou à mon petit Karl Popper d'amour💓💓💓. Une théorie est juste tant que l'expérience ne permet pas de prouver le contraire. Une vérité scientifique l'est jusqu'à ce que l'expérience démontre le contraire. Il y a des choses que les sciences ne peuvent ni justifier ni infirmer. Cela ne signifie pas qu'elles n'existent pas.  Frans de Waal évoque ainsi l'existence des sentiments chez les autres espèces. (Eh oui! On n'est pas dans leur tête: déjà qu'on n'est pas des celle de nos congénères humains... ) 

2/"C'est de l'anthropomorphisme"... L'anthropomorphisme, c'est le fait de donner une forme humaine à une espèce qui ne l'est pas. Le renard et le loup de Jean de la Fontaine sont anthropomorphes. Les personnages du Robin des Bois de Disney aussi. Dans un autre registre, ceux de la série Blacksad le sont.  Et le fait de habiller son chien, son chat, son lapin "comme un humain" en est également.  Ce dernier tombe pile (et de façon justifiée) sous le coup de l'accusation d'anthropomorphisme et de ce qu'elle sous-entend : "tu ne respectes pas l'essence de celui ou celle dont tu es responsable, avec lequel ou laquelle tu partages ta vie"* Les premiers sont terribles dans la "légende" qu'ils créent. Ainsi, le chat devient fourbe (cf. les siamois de Disney). Dans Blacksad, l'ours blanc est un facho. Les lions de La Fontaine est un roi (image qui justifie les chasses, les trophées dans lesquels on s'approprie la force et le courage de la bête tuée). 

Or, l'accusation d’anthropomorphisme sert bien trop souvent à dissimuler un anthropocentrisme bien ancré et ce que Jonathan Safran Foer appelle "anthropodéni". En d'autres termes :dénier aux autres espèces la possibilité d'avoir des liens autres que physiologiques (sang, os, système digestif, etc.)avec la nôtre. C'est à dire : éprouver des émotions, avoir des sentiments, une conscience, réfléchir, etc. Vinciane Despret s'est spécialisée dans l'éthologie des éthologues. Elle étudie comment l'environnement social, politique, éthique influence les recherches et les interprétations des chercheurs. Et c'est passionnant. En opposant Darwin et Kropotkine, dans leurs recherches sur l'évolution des espèces, elle met en évidence deux modèles qui s'opposent, l'un évoquant la loi du plus fort, l'agression et la domination des faibles, l'autre la coopération et la culture d'un groupe. Dans "Quand Le loup habitera avec l'agneau, elle explique notamment comment l'objectivation de l'autre et la crainte de l'anthropomorphisme véhiculée par les scientifiques (anthropomorphisme  donc subjectivité donc non-science... ) permet de justifier le pire en matière d’expérimentation animale - même quand il s'agit d'étudier l'amour chez les singes rhésus en séparant systématiquement les petits de leur mère, en créant le désespoir et le manque (et reproduisant ce schéma à l"'infini).... ou d'élevage : les porcs, vaches, moutons ne souffrent pas de conditions de vies carcérales, ce sont des numéros destinés à devenir des morceaux de viande. C'est d'ailleurs ce que montrent Jocelyne Porcher et Vinciane Despret dans leur essai sur la façon dont les paysans ont été évincés de l'élevage au profit d'ingénieurs agricoles.

Ici, la "vérité scientifique" comme l'accusation d’"anthropomorphisme" permettent de tenir l'autre à distance confortable de l'espèce humaine, d'empêcher toute tentative de rapprochement interspécifique par un lapidaire "c'est de l’anthropomorphisme" tout en transformant ce qui n'est pas humain en machine. Ce que Vinciane Despret appelle "de la mauvaise science" - les hypothèses ne sont jamais vérifiées puisqu'on ne laisse jamais aux autres espèces la possibilité de proposer autre chose. 


 

Et ce, même avec les meilleures intentions du monde - étudier une espèce pour en comprendre le fonctionnement. Je pense ici aux progrès remarquables que permettent les études scientifiques quand à la façon dont apprennent et se comportent les chevaux. Même si, là encore, ces connaissances ne prennent pas toujours ni assez en compte leurs conditions de vie et le contexte social dans lequel vivent les chercheurs**. On en revient toujours au même : nous et eux, une recherche de classification, de mise à distance systématique des autres espèces, une interdiction morale de se mettre à leur place ou du moins, essayer - en leur attribuant des émotions, sentiments, etc. tenus comme spécifiquement humains alors même qu'on les utilise pour bâtir des systèmes scientifiques ou justifier le pire : ainsi la mise à mort d'une "bête sauvage" - c'est-à-dire nécessairement sanguinaire et cruelle tout en lui refusant tous les autres ressentis et états d'être possible (cf. les travaux de Thompson et ce qu'il explique au sujet des hyènes apprivoisées.). Le philosophe Baptiste Morizot, qui pose la question de ces frontières avec la nature sauvage, se demande au contraire dans quelle mesure il ne devient pas nécessaire, au lieu de les maintenir, alors même qu'elles sont illusoires, d'accepter d'y créer des espaces interstitiels et de reconnaître ceux qui existent déjà en nous y adaptant, permettant ainsi d'y accueillir les autres.

Ainsi, il semble que les accusations d'anthropomorphisme  sont pas autre chose qu'une crainte existentielle de constater que nos ressemblances avec les autres espèces sont bien plus nombreuses que nos différences. Et servent donc parfaitement une pensée anthropocentriste et profondément pusillanime. 

Aujourd'hui, les nouvelles générations d'éthologues non seulement cessent de s'excuser de reconnaître une vie mentale et émotionnelle, voire une culture  aux autres espèces mais de plus laissent la possibilité à celles et ceux qu'iels observent de participer ou pas et de faire capoter leurs expériences, faisant ainsi véritablement œuvre scientifique.

Et c'est tant mieux.

Restent que ces accusations d'anthropomorphisme sont malheureusement encore très présentes dans les milieux autres que scientifiques, avec les mêmes conséquences et les mêmes contradictions, même quand les intentions de départ sont bonnes. Même quand il s'agit d'expliquer que les chiens, les chevaux, les chats n'ont pas la même façon de voir le monde que nous. Au lieu de chercher  à montrer ce qui nous lie et de nous en servir pour mieux appréhender leur langage, leur culture, trop de spécialistes se réfugient encore derrière des arguments spécistes (qu'ils soient sincères ou marketing) pour interpréter le monde vu par une espèce - et même pas des individus**. Le crédit "scientifique" ou "savant" provoque chez les personnes comme vous et moi, les non-spécialistes, les paysans décriés par les scientifiques évoqués dans l'essai de Despret et Procher,  le même rapport de dépendance que celui décrit dans l'expérience de Milgram : une soumission aveugle à l'autorité, au risque d'y perdre son identité et son éthique

 Autre débat ?


*C'est une forme de violence dans laquelle l'autre n'a jamais le droit à la parole, on le déguise en ce qu'il n'est pas et on nie sa singularité d'être au monde, à la fois en tant qu'appartenant à autre espèce et en tant que personne singulière ayant son propre être au monde. Un peu comme obliger un enfant à faire du piano, du foot et s'habiller en rose/ bleu/ etc. parce qu'on projette ses propres désirs sur luiel. On touche ici au domaine du consentement.

**Et moi, qui m'adresse à vous via ce blog, je suis influencée par ma propre façon de penser mon rapport au monde et aux autres. Je constate chaque jour des choses qui vérifient mes hypothèses plutôt que les invalider - cela n'en fait pas pour autant une vérité absolue. 

***Ainsi, j'ai pu entendre dire que les chevaux étaient "incapables de comprendre qu'il ne fallait pas pisser sur le foin, parce que leur cerveau n'a pas de néocortex"... Bon, alors je ne sais pas s'ils comprennent ou pas mais : quand les chevaux ont l'espace suffisant pour aller et venir librement entre le foin et d'autres endroits, ils n'urinent pas sur leur foin, et ils s'éloignent au contraire de cet endroit pour ça.



mardi 28 juillet 2020

Barricades - adaptation télé!

Le chantier aura duré un an.
Un temps court en production télé! 
Grâce à Paola Grieco, les droits de Barricades,  dessiné par Jaypee et sorti en janvier 2018 chez Gulf Stream éditeur  ont été achetés par les productions And So on, puis adaptés en deux téléfilms de 45mn chacun par  Thomas Boullé et Catherine Rambert. J'ai été - et c'est visiblement suffisamment rare pour le mentionner - consultée et intégrée à toutes les étapes de la scénarisation. De même, différentes associations LGBTQI +  ainsi que l'A.N.T ont été contactées pour cette adaptation. 
Ce qui change par rapport à Barricades ? Eh bien, il s'agit d'une famille, avec sœurs et parents qui se déchirent, Sam devient Juju et passe par un circuit classique (bloqueurs, hormones, suivi psy). L''adaptation est vraiment très réussie. Le propos de notre bande-dessinée est respecté - et le choix du casting est particulièrement pertinent puisque c'est Andrea Furet, jeune comédienne transgenre, qui interprète le rôle de Juliette. Odile Vuillemin (Profilage, L'Emprise) et Jonathan Zaccaï (Infidèle, Le bureau des légendes)incarnent les parents de la jeune fille. 
Vous trouverez ici et des articles évoquant le début du tournage. 


Quant à moi, je tiens ici à remercier : Paola Grieco, Hubert Besson, Jean-Philippe Chabot, la team de Gulf Stream éditeur, Stéphanie Nicot, Rémi Rouzies, Delphine Ravisé-Giard, les associations Homogène et ANT. 
Je souhaite vraiment que cette histoire, quelle que soit sa forme, touche le plus de personnes possible!

#transidentite #ilouelle #barricades #fieredetreunealliee

vendredi 19 juin 2020

Le Fracas du silence

Tiril voulait devenir chanteuse. Ou diplomate. Ou avocate. Et musicienne. Tiril était joyeuse, insouciante peut-être. Avec une vie sociale, un BFF - Mikkel - et même un petit copain. Mais voilà. Tiril a été victime d'un accident.Tiril est devenue aphasique. Et ses rêves, sa vie, ont volé en éclats. 
Trois années ont passé, depuis le drame. Trois années de repli sur soi, d'isolement progressif, de rage de plus en plus mal contenue, entre anciens "amis" harceleurs", parents étouffants à force d'être surprotecteurs et A., A., la petite voix dans sa tête, le journal intime cynique, la meilleure ennemie imaginaire, toujours là pour lui rappeler la réalité, et ses failles, mais aussi la pousser à continuer d'écrire, même si c'est devenu la chose la plus difficile du monde. Heureusement, il y a son groupe de métal  qui lui permet de hurler, se défouler, dans un micro,Mikkel est toujours là, qui essaie de l'aider, jusqu'à ce que leur amitié dérape. Et Tiril se retrouve seule. Seule avec sa peur de vivre et de ne jamais guérir, avec sa colère contre Freia, la chanteuse à la mode qui a volé sa chanson, contre Amena, cette jeune Syrienne qui parle aussi mal qu'elle et tente de lui "voler" Mikkel, contre elle-même et son aphasie. Et puis, au  fil des semaines, des saisons, Tiril sort de sa coquille. Grâce à Amena - la fille la plus sympa et la plus ouverte du monde -, grâce au joïk, ce chant si particulier des Sami qui dit votre identité, ou simplement une émotion, un élément. Et surtout, grâce à elle-même. Car Tiril évolue tout au long de ce très très beau récit, et se bat pour se libérer de ses chaînes mentales et émotionnelles, pour réapprendre à vivre et aimer. 




De belles chroniques ici  et
Pour découvrir le joïk : hop!

#scrineo #norvege #handicap #musique #adolescence #adoencolere #coupdecoeur

mercredi 15 avril 2020

Changement de cap ?

... Ou simplement : évolution!
Les contrats éditoriaux signés ou en cours de signature, pour 2021 amorcent une évolution dans mes envies d'écriture et mes projets. Les romans à venir s'adressent à un public plus jeune (à partir de 10 ans) et correspondent à des thématiques - notre rapport à la nature, aux autres espèces - qui me me semblent de plus en plus essentielles à l'heure où il devient urgent d'ouvrir les yeux sur le monde et son avenir.
J'ai passé beaucoup de temps à trifouiller dans les bas-fonds de l'âme humaine, au point d'en avoir la nausée. Je ne dis pas que je n'y retournerai pas, mais pour le moment, j'ai un peu envie de changer d'air. 
Ca n'empêchera pas les autres projets : romans graphiques adulte et adolescents, romans YA ou adultes... 
Mais ces deux projets dont vous ne saurez rien de plus pour le moment me tiennent vraiment à coeur, alors je voulais en parler. 

Sinon, pour patienter pendant le confinement jusqu'à la sortie de mon prochain roman, Des Oeillets sur Antigone, aux éditions Scrinéo, vous pouvez écouter la lecture d'un extrait en cliquant sur l'image.
https://www.youtube.com/watch?v=wZ3bojS3Buo&fbclid=IwAR1CGyrFitx_tW1gPr9SqtM1U4Sx6Q2X85imwwGKmy6G0dfK5ERQ1HiST_c


Sachez également que je répondrai à vos questions à propos de ce roman auquel je tiens énormément sur Instagram, grâce à la super équipe des éditions Scrinéo, vendredi prochain! 


mardi 17 mars 2020

Ateliers d'écriture en ligne

... et j'en profite pour annoncer la création de mon nouveau site : www.charlottebousquet.fr

Rêver demain

Un sujet bateau ? Pas tant que cela. S’agit-il de rêver un nouveau monde, de le rendre possible ou de se redéfinir soi-même pour construire un meilleur avenir ? Demain, est-ce un temps qui s’étire à l’infini, une seconde avant de rouvrir les yeux, un autre mot pour avenir, un avenir proche ou lointain, ou l’envie d’être simplement ?



Avec cette thématique, je souhaite faire réfléchir et écrire petits et grands, parce que je suis convaincue que la création, qu’elle soit singulière ou plurielle, est un acte salvateur et positif en cette période étrange. 

Pour plus d'informations, tarifs, inscriptions, je vous invite à cliquer ici

dimanche 1 mars 2020

Complicités

La cérémonie des Césars, le 28 février dernier, a consacré le film d'un violeur et d'un pédophile, qui a fui les USA il y a 30 ans déjà et s'est réfugié en France. Avec le soutien, ou le silence complice,  d'une partie du milieu du cinéma. Heureusement, il y a eu Adèle Haenel, Florence Foresti, Céline Sciamma, l'équipe du Portrait de la jeune fille en feu. Avant, déjà, Aïssa Maïga avait évoqué es stéréotypes dans lesquels les acteur.ice.s - peu nombreu.x.ses - racisées étaient enfermés dans le cinéma français. 
"La honte!" a lancé Adèle Haenel, en quittant la salle, à l'annonce du lauréat du César de la meilleure réalisation. Elle a bien raison, Adèle. 
La honte, oui. 
La honte d'entendre des personnalités publiques faire comme si de rien n'était.  Ou pire, soutenir un homme qui est un VIOLEUR (et non pas un "réfugié", comme l'a dit Sara Forestier qui a regretté de ne pas être également partie). 
La honte que le cinéma français, et le jury des Césars, par son choix, valide le droit, non pas d'importuner mais d'agresser, de harceler, de violer. 
La honte que les médias parlent d'Adèle Haenel comme "représentante du féminisme"  pour justifier et réduire son geste à un simple "mouvement d'hystérie". Alors oui, Adèle est féministe. Et nous devrions toutes l'être. Ou alliés. ou peut-être juste "humain.e.s", "normaux.ales". parce qu'être resté dans cette putain de salle, se taire, c'était être complice.
Quant à défendre Polanski...
Partout, on parle d'entre soi. Comme si le petit monde du cinéma était le seul à étouffer ces affaires-là. Dans les milieux littéraires, ce n'est pas mal non plus. L'ouvrage de Vanessa Springora, Le Consentement, a révélé ce que tout le monde savait déjà - la pédophilie de Gabriel Mazneff. La complicité de nombre d'écrivain.e.s, éditeur.ice.s, jurés de prix - comme Christian Giudicelli (prix Renaudot), ou Pivot. Dans la BD, le collectif des autrices de BD contre le sexisme a publié, dès 2017, des témoignages en ligne: ICI.
Le sexisme existe dans tous les genre, polar, SFFF, jeunesse (eh oui, les hommes sont mieux payés, et si la littérature jeunesse est déconsidérée, c'est qu'elle était écrite traditionnellement par des femmes). Le harcèlement sexuel, les agressions existent également.
C'est si facile de promettre la publication d'un roman en échange d'un tour dans une chambre d'hôtel. De faire pression. D'abuser de son pouvoir, de son aura d'éditeur - ou d'auteur. 
Il est temps que ça bouge.
Il est temps que ça change.
J'espère que le moment venu, nous serons tou.te.s des Adèle Haenel. Des filles normales, des garçons normaux. Et pas des complices. 


mercredi 12 février 2020

Des oeillets pour Antigone







Début avril sort Des Œillets pour Antigone, aux éditions Scrinéo. Un roman dense, qui se déroule entre 1971 et 1991, en France et au Portugal. Un récit fantastique, également - il y est question de vengeance et de malédiction. Pourquoi ce titre ? Eh bien, parce que l'histoire d'Antigone est présente dans tout le récit, parce qu'il est question, bien que de façon moindre que dans mon idée de départ de l'Estado Novo et de la révolution des Œillets. Des Œillets pour Antigone, c'est aussi pour moi une chronique familiale avec ses secrets bien cachés, une histoire d'amitié en plein milieu des années sida. Ça parle aussi de racisme. De musique. Et de chevaux. De chevaux lusitaniens, bien sûr.  
Vous plaira-t-il ? Je le souhaite. C'est, en tout cas, l'un des ouvrages dont je suis le plus fière. 

#capeladosossos #desoeilletspourantigone #scrineo #evora

jeudi 16 janvier 2020

Regard

Hier, au retour d'une intervention scolaire, j'ai pris le bus pour atteindre la gare du Nord - un bus bondé, le 46 exactement. j'étais debout, près du chauffeur et d'un vieux titi parisien, le genre à refaire le monde autour d'un verre de vin au comptoir d'un bar de quartier. Je les écoutais parler, à mi-vois, de ce qui se passe en ce moment - la réforme des retraites, la grève, un peu, le projet de loi qu'aimeraient proposer certains députés, qui permettrait à l'état de récupérer des terres et de les louer aux géants de l'industrie agro-alimentaire au lieu de les sauver. J'interviens. J'ai entendu parler de cette proposition de loi. Elle participe à l'écocide en marche depuis plusieurs années, et qui s'accélère depuis l'arrivée de Jupiter sur son trône. Le chauffeur me dit qu'il a les boules de reprendre le travail, mais qu'il n'a plus un rond. Il va débrayer dès que possible. Le titi , blasé, dit que ça ne changera rien, cette grève, qu'on n'est plus écoutés. Et nous voilà partis, à trois, puis à deux quand celui-ci descend, à parler manifs d'avant - celles où tu ne te faisais pas tirer dessus à coup de flashballs -, d'écologie, "on veut nous obliger à bouffer de la merde", de l'importance de la lutte même à notre échelle, pesticides, faire gaffe à ce qu'on mange, solidarité, même si "là-haut" il s'en foutent. Je le sens blasé, mais déterminé, dents serrés, à continuer à se battre. Et les hôpitaux, même les médecins démissionnent. "On nous vole tout." "Tout ce qu'on avait." On reparle violences policières, incompréhension, c'était pas comme ça les flics avant - c'est pas faux. heureusement, il y a les réseaux sociaux, parce qu'à la télé, ils racontent n'importe quoi, je lui dit que ça fait un bail que je ne la regarde plus, il répond que de toute façon c'est de la merde. Il faut dire que les médias, contre les grévistes, s'en donnent à cœur joie en ce moment. Je glisse  l'initiative des députés LFI au parlement européen contre les violences policières, rejetée à 17 voix seulement (par LREM, RN essentiellement). Il me répond, écœuré, que c'est une stratégie. Oui mais, oui mais, si la stratégie paie, même si la gauche ne tient qu'un quart de ses promesses, c'est toujours ça de pris. Il acquiesce, j'espère l'avoir convaincu, même un poil. On continue, lui désabusé, moi, je lui dis que c'est AUSSI à notre échelle qu'il faut continuer, que les Gilets jaunes, les grèves, permettent des rencontres, des dialogues - est-ce qu'on aurait discuté, lui et moi,sans tout ça ? On se souhaite une bonne journée, on lâche rien. Il continue de son côté, j'essaie de rentrer chez moi.   



#onlacherien #presidentdesriches #violencespolicieres #macrondemission #entraide

samedi 4 janvier 2020

poème pour se sentir bien


Parce que ça fait une éternité que je n'ai pas posté sur mon blog. Parce que je ne prends plus le temps de le faire. Parce que le monde est terrible. Parce que c'est 2020.

une bulle 
            une bulle légère 
                                       s'envole
une bulle légère s'envole au-dessus des nuages 
une bulle légère éclate au-dessus des nuages
                                        et vole
             en milliers d'éclats
de rire  





jeudi 21 novembre 2019

Communication interspécifique, éthique, etc.

J'ai eu l'immense plaisir d'être invitée au colloque "Représentations animales dans les mondes imaginaires : vers un effacement des frontières spécistes ?" la semaine dernière.Colloque pluridisciplinaire, qui convoquait aussi bien des éthologues que des chercheur.euse.s en littérature comparée, des anglicistes, et moi, donc, en tant qu'autrice "multiclassée". Ce qui m'a ravie, au cours des échanges - j'en ai raté beaucoup, mais j'attends impatiemment la mise en ligne des interventions -, c'est l'ouverture d'esprit dont tou.te.s les intervenant.e.s ont fait preuve, de leur bienveillance et de la nature plurielle des questionnements engendrés par les diverses interventions. 
J'ai été particulièrement sensible au fait que les liens entre sexisme-racisme-spécisme soient mis en avant (je me sens moins seule...). La manière dont les animaux sont objectivés, mécanisés, dans notre culture - sous couvert de "vérités scientifiques" qui sont, je le rappelle, autant de croyances (elles sont justes... jusqu'à preuve du contraire) est une mise à distance, une dégradation de "qui" ils sont - une mise à distance que l'on retrouve évidemment dans des rapports humains où l'autre, mis à distance, est un objet convoité... 



... ou un autre réduit à un numéro, une "bête de foire", ou encore un encombrant dont il faut se débarrasser. Ainsi que le disait Marguerite Yourcenar :

"Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l'ignorance, l'indifférence, la cruauté, qui d'ailleurs ne s'exercent si souvent contre l'homme que parce qu'elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, puisqu'il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu'il y aurait moins d'enfants martyrs s'il y avait moins d'animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures si nous n'avions pas pris l'habitude de fourgons où des bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en route vers l'abattoir, moins de gibier humain descendu d'un coup de feu si le goût et l'habitude de tuer n'étaient l'apanage des chasseurs. Et dans l'humble mesure du possible, changeons (c'est-à-dire améliorons s'il se peut) la vie."

L'autre élément qui m'a vraiment fait énormément plaisir - et rassérénée, c'est que de moins en moins est faite - ou alors de façon critique - la distinction "homme-animal".   L'homme appartient au règne animal. Et, dans cet esprit, au lieu de chercher ce qui nous distingue, ce qui nous rend "meilleurs" (mais en quoi ?), dans une espèce d'illusion pyramidale, qui classe les espèces comme elle classe les hommes et les femmes, les différents peuples, et numérise, juge, dégrade, avec des prétendues "lois du plus fort", il devient plus intelligent, plus constructif, plus juste de chercher ce qui nous rapproche : l'entraide, l'empathie, les émotions, la capacité à utiliser des outils, les pensées, etc. A ce titre, j'ai été particulièrement touchée par l'intervention d'Agatha Liévin-Bazin sur les corvidés, et par l'échange avec l'éthologue Charlotte Duranton sur les fausses coyances à propose des héirarchies des meutes (on retrouve les mêmes fausses croyances avec les chevaux...)
Quant à ce terrrriiiiible anthropomorphisme dont on nous rebat les oreilles - "attention à ne pas faire d'anthropomorphisme, blablabla", c'est oublier que chacune des espèces vivantes perçoit le monde et l'interprète à travers le prisme de ses propres codes de communication. Le chat fait du "catomorphisme", le corbeau du "corvidomorphisme", etc.
Ainsi que le soulignent plusieurs chercheurs, comme Frans de Waal ou Mark Bekoff, il faut surtout faire attention à ce que le refus de l'anthropomorphisme ne se transforme pas très vite en anthropodéni, une façon supplémentaire d'établir des frontières. 
... en revanche, tous sont unanimes sur les dangers de l'anthropocentrisme... bisou... 
La communication interspécifique, c'est la création, à la manière dont Winnicott l'exprime dans Jeu et réalité, d'une "aire intermédiaire d'expérience" permettant, avec les codes de l'une et l'autre espèce, de créer une communication coopérative - et singulière. 
Quelle que soit l'espèce.

jeudi 31 octobre 2019

Avec les tripes

... et au-delà.
Il y a quelques jours, je suis tombée sur un commentaire, en lien avec une chronique, par ailleurs très positive, sur Le jour où je suis partie. une remarque qui disait, en gros : "ouais, mais t'aurais mieux fait de lire un bouquin écrit par une Marocaine..." Ma première réaction (aussitôt contrôlée, effacée, soyez rassuré.e.s) a été de répondre : "j'ai fait des allers et retours pendant 17 ans au Maroc, je suis légitime, pauvre c..." Très vite, je me suis rendu compte de l'absurdité de ma réponse, qui aurait sonné comme une justification. Et je l'ai effacée.
Et puis, je me suis interrogée sur cette notion même de légitimité dans l'écriture de fiction. J'ai pensé à Sweet Sixteen, le merveilleux roman d'Anne-lise Heurtier sur les neuf premiers élèves noirs intégrant un lycée blanc, en Alabama. Avait-elle besoin d'avoir vécu en tant qu'adolescente pauvre et noire dans l'Amérique ségrégationniste de 1954 ? J'ai pensé aussi à Fabien Clavel, et ses très nombreuses héroïnes. A-t-il le droit d'utiliser des filles ou des femmes dans ses romans ? Et Jean-Chirstophe Tixier, qui évoque les réfugiés, dans La Traversée ?
Et les romans historiques ? De SF ? 
Et... Et... Et... Maxime Chattam est-il légitime à parler de serial killer... A moins qu'il n'en soit un ?
Vous l'aurez compris, je suis très vite arrivée au bout de mon raisonnement. Ces réflexions, et les justifications qu'elles engendrent, n'ont pas lieu d'être. Bien sûr, quand on écrit un récit historique, ou qu'on évoque certaines thématiques, on se documente - c'est même la moindre des choses. Mais l'essence même de l'écriture d'une œuvre de fiction, c'est la capacité que nous, auteur.ice.s, avons à nous mettre à la place de l'autre, quel qu'il soit - donc dans la peau de nos personnages -, à nous projeter dans leur quotidien, à ressentir leurs émotions. J'ai habité au Maroc.  Mais je ne me suis jamais rendue aux Etats-Unis de la fin du XIXème siècle et je n'ai pas vécu dans une réserve du Dakota du sud. Pas plus que je ne suis un garçon un peu geek, un peu rond, et beaucoup trop timide fasciné par les princesses inaccessibles. Et je peux vous garantir que Sylvie Allouche n'est pas une sociopathe et Fabien Fernandez n'a pas connu le Dust Bowl ni la misère des hobos des années 30. Bruno Lonchampt n'est pas le Bloc de haine facho de son roman éponyme.
Nous écrivons des histoires. Ni des essais ni des transcriptions de la réalité.Et ces fictions, nous les écrivons avec sincérité, avec nos tripes, en les étalant de façon plus ou moins brutale, parfois avec poésie, même, sur nos mots. 
Alors, la question de la légitimité  ne devrait pas se poser.

jeudi 17 octobre 2019

Fête du livre de Saint-Etienne



Je serai, de vendredi à dimanche, à la Fête du Livre de Saint-Etienne, sur le stand ados. Je participerai à une table ronde, avec mes co-autrices, le vendredi matin, autour de l'anthologie La revanche des princesses, sortie chez poulpe fictions au printemps dernier.

mardi 10 septembre 2019

Au coeur de la forêt

La planète brûle. Sécheresse. Crimes de pyromanes. Géocides autorisés. Apathie des gouvernements. Compromissions. Quand j'ai accepté de participer à ce collectif, l'ordure qui est à la tête du Brésil n'avait pas encore commencé à cramer l'Amazonie. 
Il y a encore, toujours de l'espoir. il faut, encore et toujours, nous battre pour protéger, préserver ce qui peut - doit - l'être. 
Nos mots, à nous, auteur.ice.s - sont des armes. Et, dans ce collectif, Au Cœur de la forêt, ils se font graines, puisque tous les droits sont intégralement reversés à l'association Up2Green, qui reboise, plante, éduque et développe des programmes de reforestation aux quatre coins du globe. (Pour en savoir plus : https://www.up2green.com/)


Les autres auteurs qui ont participé à ce bel ouvrage, à paraître le 10 octobre, sont :  Pascal Brissy, David Bry, Christine Féret-Fleury, Madeleine Féret-Fleury, Fabien Fernandez, Françoise Grard, Erik L’Homme, Jean-Luc Marcastel et Anne-Fleur Multon.

Les bénéfices de la vente de cette anthologie permettront dès 2019 la plantation de 1000 arbres dans une zone du globe menacée par la déforestation. 

Je vous encourage à vous procurer ce recueil dès sa sortie, à l'offrir, le diffuser, organiser des lectures, des débats, des actions - parce que ça urge, là.Et qu'il est encore temps.

#extinctionrebellion #ilestencoretemps #onesprets #youthforclimate

vendredi 6 septembre 2019

Poèmes qui font du bien... le retour!



Arc-en-ciel

Un arc de cercle 
Suspendu au-dessus de l'âme
Et les couleurs de la vie 
Sept dans le ciel 
Bleu comme le cœur d'un colibri
Pour bondir dans les nuages
Et sourire
Et aimer. 

 

jeudi 27 juin 2019

Miroirs...

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine.... j'ai fait une thèse de philosophie. Intitulée : Les mondes imaginaires et le déplacement du réel : un questionnement de l'être humain, elle interrogeait, à travers les différents prismes que sont la philosophie, la psychanalyse, la littérature fantastique et la musique notre rapport à l'autre. L'autre : humain. L'autre : non-humain. J'y montrais, de mémoire l'impossible définition de l'humain en l'homme, et surtout l'absurdité de la question... J'y montrais également que notre rapport à l'autre, c'est d'abord la prise de conscience de notre fragilité (le visage, selon Lévinas) et notre finitude (la mort, le corps mort, etc.) - l'autre est ce qui m'attire, et aussi m'effraie. C'est également dans ce rapport à l'autre, cette fois l'autre non-humain, que l'être humain est confronté à ses propres failles (ou aux failles de son questionnement). Le non-humain, dans ma thèse, c'était le monstre - en particulier la Sphinge envoyée par Apollon, à la croisée des chemins, pour terrifier les voyageurs mais aussi punir un meurtre. Œdipe, en résolvant l'énigme de l'hybride, la détruisait, mais devenait ainsi un VRAI monstre (parricide d'abord, puis incestueux...) Pourquoi avoir détruit la Sphinge? Pourquoi ne pas lui avoir demandé "pourquoi", justement... 


Nous , humains, passons notre temps à classer et définir, cherchant à nous classer, étiqueter, définir, les uns par rapport aux autres,  ou à une norme, ou au monde. Nous essayons d'être objectifs. Du moins en philosophie. Et dans certaines sciences. Et nous nous plantons, lamentablement. Nous nous plantons parce que nous délimitons, excluons, au lieu de comprendre, parce que nous coupons des liens au lieu d'en créer. Nous nous plantons surtout pace que nous ne sommes pas des machines, mais des êtres sensibles. L'objectivité, à moins d'être un parfait sociopathe, c'est une vaste fumisterie. Ou un exercice impossible. Ou une façon de passer à côté de la vie. Bref. 


A l'époque, je le pensais mais je n'étais pas assez sûre de moi ou claire avec moi-même, mais notre manière de penser, classer, définir, avec les animaux autres qu'humains, me paraissait tout aussi absurde. Absurde, parce qu'héritée d'une pensée mécaniste et utilitariste, rongée par la volonté de puissance,  bien pratique quand on a besoin d'opprimer, dominer, tuer, etc. Qu'on ne s'y trompe pas, l’asservissement des animaux autres qu'humains préfigure et rend possible celui des humains *
En biologie et éthologie, en France particulièrement, les recherches souffrent énormément de ces carcans étriqués. philosophe et éthologue, Vinciane Despret a beaucoup écrit sur la question de l'objectivité très subjective en réalité des chercheurs : 
"(...) les expérimentateurs expérimentés conseillent aux jeunes scientifiques de ne pas travailler avec les chats. Il semblerait en effet que, dans certaines circonstances, si vous donnez à un chat un problème à résoudre ou une tâche à exécuter pour trouver de la nourriture, il va le faire assez rapidement, et le graphique qui donne la mesure de son intelligence dans les études comparatives connaîtra une courbe ascendante assez raide. Mais, [Vicky Hearn] cite ici un de ces expérimentateurs, « le problème est que, aussitôt qu’ils ont compris que le chercheur ou le technicien veut qu’ils poussent le levier, les chats arrêtent de le faire. Certains d’entre eux se laisseront mourir de faim plutôt que de continuer l’expérience ». Elle ajoute laconiquement que cette théorie violemment anti-behavioriste n’a jamais été, à sa connaissance, publiée. La version officielle devient : « n’utilisez pas de chats, ils foutent les données en l’air »." (Penser comme un rat). 

 
Le biologiste et psychologue Frans de Waal, lui, explique que les expériences visant étudier le comportement des animaux et/ ou leurs capacités d'apprentissage sont souvent faussés lorsque cela concerne les animax autres qu'humains : des enfants et des chimpanzés auront le même référent humain, pour leur montrer comment effectuer telle ou telle tâche. Les enfants réussissent mieux... parce que l'expérimentateur qui leur propose tel ou tel jeu est humain. Les chimpanzés ont plus de difficultés à comprendre quelqu'un qui n'est pas de la même espèce. Ce n'est qu'un exemple. 
Il montre dans Sommes nous trop bêtes pour comprendre les animaux à quel point nos méthodes sont limitatives et sources d'échec quand on tente réellement de comprendre comment les animaux apprennent, communiquent, etc. 
"... si la cognition animale devient un sujet de plus en plus populaire, l'idée qu'elle ne serait qu'un pâle substitut de la vie humaine a la vie dure. [...] Quel étrange animal nous sommes pour que la seule question que nous posions sur notre place dans la nature soit : "miroir, mon beau miroir, quel est le plus intelligent ?" La volonté de laisser les humains à leur place dans l'absurde échelle de la nature imaginées par les grecs de l'Antiquité  a conduit à une obsession de la sémantique, des définitions, des redéfinitions - et, soyons honnêtes - au déplacement incessant des lignes de but. Chaque fois que nous transformons nos faibles attentes envers nos animaux en expériences, le miroir nous fait entendre notre réponse préférée."
Ainsi, que ce soit dans des articles, sur les réseaux, dans des conversations, on entend que tel ou tel espèce "n'est pas capable de", "a un plus gros cerveau", "moins grand", etc. Frans de Waal raconte l'anecdote de l'éléphant incapable de se reconnaître dans un miroir... trop petit pour lui. Et de conclure : "il y a tant d'explications possibles à des résultats négatifs qu'il est plus sûr de douter de sa méthode avant de douter de ses sujets." 
A propos de Hans le malin, le cheval qui "savait compter", il a été montré que, ce qu'il savait, c'était lire les émotions et le langage corporel de son humain. Ce qui veut dire, non qu'il était stupide... mais que c'était un maître en communication et en empathie. C'est juste dommage qu'il ait fallu des décennies pour comprendre ça.** 

Photo : Kimberley Spencer

A cela, se rajoute, les généralités à propos des espèces : "le cheval est", "le chat n'est pas", "le chien est", avec plein de grandes vérités, issues de courants de pensée, d'approches, elles-mêmes influencées par les idées de celui-ou celle qui les aura écrites... qui nie complètement la singularité,, la personnalité de chaque individu. Comme si, seul, l'humain - et encore, mâle, blanc, hétérosexuel et riche..*** - avait le droit à la singularité. Une façon bien commode de regarder le miroir... par le petit bout de la lorgnette et de refuser ce qui nous lie aux autres personnes, humaines et non-humaines... Si je me reporte au drame d'Oedipe et de la Sphinge, ce refus de considérer l'autre dans sa singularité, de nous y reconnaître, dans notre fragilité, dans notre étrangeté, et de communiquer avec lui (ou trouver le moyen de le faire), ce jugement qui refuse toute empathie, est ce qui nous coupe de nous-même, du monde, de notre humanité... 
Je conclus en vous renvoyant à la première des cinq excellentes émissions de france culture : l'Animal est il l'avenir de l'homme, avec Yves Christen, biologiste et spécialiste es peuploe panthère... excusez du peu! 

* Je cite Marguerite Yourcenar : "Je me dis souvent que si nous n'avions pas accepté, depuis des générations, de voir étouffer les animaux dans les wagons à bestiaux, ou s'y briser les pattes comme il arrive à tant de vaches ou de chevaux, envoyés à l'abattoir dans des conditions absolument inhumaines, personne, pas même les soldats chargés de les convoyer, n'aurait supporté les wagons plombés des années 1940-1945. Si nous étions capables d'entendre le hurlement des bêtes prises à la trappe (toujours pour leurs fourrures) et se rongeant les pattes pour essayer d'échapper, nous ferions sans doute plus attention à l'immense et dérisoire détresse des prisonniers de droit commun.'

** Note pour les cavaliers : les chevaux perçoivent nos peurs, nos angoisses, notre joie, nos frustrations, nos intentions, au point que cela peut paraître magique. Ils ne peuvent en revanche comprendre nos incohérences, parce qu'ils lisent un langage qui est en contradiction avec nos émotions... le souci n'est pas tant de faire de l'anthropomorphisme, que d'être cohérent entre ce que l'on exprime et ce qu'on veut. ) 

*** Vous n'avez pas remarqué le nombre de textes qui célèbrent La femme, en général bien archétypée, parlent de LA femme, etc.  ?
 

jeudi 13 juin 2019

Veggie, tendance vegan



Quand Mallory débarque dans sa classe de terminale, Chris tombe vite sous son charme. Mais il se sent maladroit et balourd face au charisme de la jeune fille, végétarienne, slameuse et youtubeuse, engagée dans la lutte contre les violences faites aux animaux. Challengé par son amie Nadia, il décide de devenir végétarien lui aussi. Et puis, il se prend au jeu. Quand le prof de philo annonce un exposé en commun, Chris propose à Mallory et Nadia de travailler sur le thème de l’animal. Trouvera-t-il le courage de dévoiler ses sentiments  ? 

Ce roman, paru hier aux éditions Rageot, parle de végétarisme (évidemment), mais aussi d'amitié, de jeu de rôles, de famille, et de chats.  

Vous pouvez en lire un extrait sur ce lien : clic!  

Il parle aussi - et surtout - d'une prise de conscience et d'un engagement nécessaires, dans ce XXIe siècle de la 6ème Extinction, dans lequel notre planète est rongée par les pesticides et l'industrie (élevage  compris), polluée par les plastiques et les déchets, détruite par la folie des puissants (surpêche, destruction de la biodiversité, chasse, chosification des animaux et des hommes, etc.)... 
Oui, c'est un roman engagé. 
Oui, il se peut qu'il dérange. 
Mais il est  - aussi -  là pour ça.  

#vegetarienne #jdr #animaux #veggie #nonalachasse #ilestencoretemps #sauvezlaterre #antispecisme

mercredi 5 juin 2019

L'Archipel des Numinées : intégrale

Cette année, cela fera 10 ans que L'Archipel des Numinées a été publié sous la direction de Charlotte Volper,  aux éditions Mnémos. Enfin, le premier tome, Arachnae, avec sa première et belle couverture dessinée par Elvire de Cock. Ont suivi Cytheriae (prix Elbakin 2010, prix Imaginales 2011 et prix de l'illustration 2011, ce dont je suis extrêmement fière) et Matricia
C'est une trilogie sombre, très sombre (trop sombre pour certain.e.s éditeur.ice.s poche et chroniqueur.euse.s) puisqu'elle explore, à l'échelle d'une ville, d'un quartier, d'une famille, le côté obscur de l'être humain.


Dans le premier opus, Arachnae, il est question de perversité et de vices, mais aussi de choix politique et de lâcheté. On y suit Théo, bretteuse douée de prescience, incapable d'engagement (être une fonction, plutôt que soi-même), Ornella, une courtisane lumineuse et le prince Alessio, dévoué à sa principauté et capable de sacrifier ce qu'il a de plus précieux au nom du bien commun. Arachnae a été retravaillé 2 fois (et 2 fois épuré!), une première pour sa sortie poche dans la très belle collection Helios, des Indés de l'imaginaire -  c'est Mélanie Delon qui a dessiné les 3 couvertures - et une seconde fois, donc, pour cette intégrale. 
Cytheriae, qui parle essentiellement d'amour, de peur et de folie, prend place dans un quartier de Cribella. Aux portes de la ville, se pressent des réfugiés venus d'autres principautés : il fuient la menace de la peste cendreuse et sont parqués dans une zone marécageuse très surveillée (toute ressemblance avec la réalité...) Nola, une jeune écrivaine publique, sert de confidente à la plupart des gens du coin - quelle que soit leur condition. Mais jamais elle ne parle d'elle. Parce qu'elle est complètement dissociée, depuis la nuit terrible où elle a perdu son enfant. Seul son ami, Angelo, sait qui elle est vraiment. Un jour, Noladécouvre le journal de Malatesta, créature hybride emprisonnée dans un labyrinthe...
Des trois tomes de L'Archipel, c'est le plus lumineux. 
Matricia, enfin. Mon chouchou! La peste cendreuse a dévasté Matricia, située au nord de l'Archipel. Dans les ruines d'un opéra, Dionisia, métisse et magicienne d'une grande puissance, affronte son oncle Alino, le dernier survivant de cette famille maudite. Pendant ce temps, Angelo débarque sur l'île, en quête de réponses, et peut-être du seul moyen de sauver l'archipel du mal qui le ronge.
Dans ce 3ème tome, il est question de vengeance et de sacrifice, de folie une fois encore et de perversité. Mais surtout, d'acceptation de soi et de dignité. 
Le fil rouge qui relie ces trois volumes...  Le même, je crois, qui traverse TOUS mes romans de fantasy : la menace de la dissolution, du néant. C'est un thème qui me hante - le vide qui ronge, détruit, quelle que soit sa forme et sa cause première (mal "classique", écologique, politique...) Et le sentiment d'urgence qui y est lié. Je me suis rendu compte, en retravaillant ces trois textes, qu'ils étaient encore et toujours d'actualité : compromissions politiques, crises  humaines, et de façon plus intime, la difficulté d'être soi, de transmettre ou de communiquer (ses peurs, ses désirs, etc.) 
Voilà. C'est un peu foutoir, tout ça! (et sans doute trop intello, aux yeux de certain.e.s...  pas grave, lire, c'est aussi réfléchir...) Et vous me direz : "bon, c'est super tout ça mais que trouve-t-on de plus dans cette intégrale "? 
Des cartes, des tarots, des nouvelles, des poèmes et même du théâtre. ce qui n'est pas si mal!
Pour terminer, je voudrais juste en profiter pour remercier Charlotte Volper, Elvire de Cock, Stéphanie Nicot, Mélanie Delon, Anne Besson, Frédéric et Nathalie Weil qui ont tou.te.s, d'une façon ou d'une autre, aidé cet univers à exister. 
Et la bonne nouvelle ? Ce n'est pas fini... Dès 2021, il y aura du nouveau, du côté des Numinées.

mercredi 29 mai 2019

Dissociation et politique

Non, ce n'est pas un titre qui parodie Jane Austen. 
C'est juste le début d'une réflexion qui met en parallèle la dissociation liée à un traumatisme et les résultats de ces élections européennes (et des élections, depuis une bonne vingtaine d'années, en général). 
Depuis pas mal de temps, je m'intéresse aux mécanismes de soumission à l'autorité, mais aussi aux conséquences des maltraitances et agressions, notamment aux notions de sidération et dissociation. Quand j'ai écrit Là Où tombent les anges, notamment, je me suis documentée sur les violences familiales (et conjugales) : qu'est-ce qui fait qu'une femme battue reste avec son conjoint ? Qu'est-ce qui fait qu'une personne victime de violences va se mettre dans des situations qui reproduisent ou font écho à ce qu'il ou elle a subi ? le parcours de Solange, c'est celui d'une fillette battue par son père, qui s'enfuit lorsque ça devient vraiment dangereux pour elle (question de vie ou de mort), et se retrouve mariée à un homme violent et possessif... dont elle mettra plusieurs années à se libérer. Plusieurs chroniques reprochaient à Solange sa passivité - genre "mais pourquoi elle n'explose pas la tête de cette ordure ?"...  Ben la réponse est simple : parce que, dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça, et même s'il y a pétage de tronche, en fait, il y a une reconstruction à effectuer derrière (juste pour ne pas retomber dans le même mécanisme) et c'est long.
Comme c'est long, infiniment long, de se sortir des griffes d'un.e pervers.e narcissique (jusqu'où accepte-t-on d'être noyé.e...?). 
En schématisant : "au moins, on sait où on va" - avec un.e. pervers.e, un.e conjoint.e violent, etc. Je vous renvoie au site élaboré par Muriel Salmona sur les mémoires traumatiques : ici et là  pour une analyse vraiment approfondie de la question. 
Depuis des décennies, en France, on subit une politique de plus libérale et de moins en moins sociale, qui détruit tout ce qui a été arraché à la force de manifestations, révoltes, mouvements sociaux (par exemple, les congés payés, la retraite et la sécurité sociale), qui transforme le monde du travail en société d'esclaves en cassant le code du travail, en traitant les chômeurs (par exemple) comme des moins que rien (et pire, en faisant en sorte que leurs pairs les considèrent comme de gros fainéants... ), en criminalisant l'humanisme (l'aide aux migrants), en divisant les gens (par exemple, les discours anti-profs et anti-fonctionnaires... oubliant par-là-même que les policiers le sont, fonctionnaires) - et je ne parle même pas du massacre délibéré de l'environnement, flore, faune, terre... enrobé depuis longtemps par un discours vaguement écolo (n'achète plus de bouteille en plastique... consomme du Nutella...) 
Ce que je raconte, comme ça, a l'air un peu foutoir, hein. Mais l'idée, c'est de faire un parallèle entre les mécanismes de dissociation et le vote systématiquement destructeur des Français - et j'y ajouterai bien une pincée de lobotomisation sectaire (pensée conditionnée par des décennies de croyances fausses sur la "droite  stable et solide" et la "gauche laxiste pas réaliste"). 
Pour moi, le vote de dimanche dernier, c'est la conséquence d'un long passif de maltraitance et de matraquage - avec, n'oublions pas, la sidération née de 5 ans de Hollande (qui  a eu l'occasion de changer les chose,s mais a préféré marcher dans les pas du CAC 40) - la loi El Khomri, c'est lui. un peu comme si une personne se sortait d'une situation de violence ouverte pour tomber dans les rets d'un.e pervers.e narcissique. Avec LRNM (oui, c'est délibéré), "on sait où on va"... Ou "voter ou pas, ça ne change rien, ne sert à rien"...
Je veux croire que c'est ça qui fait que le pire se produit encore et toujours en France, en politique. Et que c'est pour cette raison (en plus du matraquage médiatique qui fait qu'on ne vote plus pour un programme mais pour la nouvelle star) que tant de personnes ont la trouille... même quand il s'agit de liberté, d'urgence climatique, de respect des droits de l'homme, de protection animale, de sauvegarde de nos droits à exister... 
Le problème, c'est que nous sommes en état d'urgence. Urgence climatique (oui, j'ai de gros doutes sur EELV), urgence animale, urgence sociale... et que le temps qu'onse sente vraiment suffisamment "mal" pour changer les choses, il sera peut-être trop tard.
 

mercredi 22 mai 2019

EN GUERRE CONTRE LES FEMMES

L'Amérique de Trump porte atteinte aux droits des femmes, à leur corps, à leur vie. L'Amérique de Trump décomplexe la politique patriarcale et sexiste de ses Etats les plus puritains : l'Alabama interdit l'IVG même en cas de viol et d'inceste, le Texas projette de  punir l'avortement de la peine capitale. L'ONU recule sur des résolutions évoquant la notion de santé sexuelle et procréative, sous la pression des Etats-Unis, de la Chine et de La Russie (une horreur quand on sait que le viol et les violences sexuelles sont des armes de guerre). En France, on entend régulièrement des propos anti-avortement, avec les éclats bien puants de l'ignoble président du syndicat des gynécologues en France. (cf ici). Et ce, sans compter les difficultés croissantes que connait le planning familial... De façon plus générale, l'IVG reste problématique dans notre pays - alors qu'il ne devrait pas - et plus - l'être : la loi Veil, ça fait 44 ans, quand même. 
Et pourtant, la question  de la potentielle culpabilité de la femme/ fille enceinte est telle que, même lorsque l'IVG est une évidence, les grilles de lecture sont faussées. Ainsi, quand j'ai écrit le scénario de Secret pour secret (graphique dessiné par Jaypee), je n'ai absolument pas voulu faire de cette bédé une histoire de "je le garde ou pas"- le seul moment où Louane pose la question, c'est parce qu'elle s'abreuve de séries américaines (ou on peut faire à peu près n'importe quoi, sauf avorter) et non parce qu'elle s'interroge vraiment, d'ailleurs la question est réglée en une phrase lapidaire de sa copine. Secret pour secret parle d'avortement (ça se passe comment, et d'amitié...) Mais les retours de lecteur.ice.s que j'ai eues sont pour l'essentiel liés à "se demande si elle va le garder ou pas"... (comme s'il n'y avait qu'une seule façon de parler de l'IVG, comme s'il n'y avait qu'une seule histoire possible, avec deux fins différentes). Et, pour les jeunes que je rencontre, si les questions de genre et de préférences amoureuse évoluent très bien,n l'attitude des adolescents vis-à-vis de l'IVG reste problématique : il y a bien sûr les questions d'éducation parentale, mais également de culture télé, et de manque d'informations (quand des adolescentes évoquent le fait de tuer un foetus, ça fait peur...)
Autre point, soulevé par une certaine Amérique : "même en cas d'inceste et de viol". Dans les pays qui autorisent l'IVG, la question ne devrait pas se poser (dans les faits, c'est une justification morale qui ne devrait pas l'être). Dans les pays qui l'autorisent "en cas de viol, violence, inceste, etc. " , c'est la moindre des choses - mais encore trop souvent sujet à pressions sociales, culturelles, juridiques (n'oublions pas que la femme, même victime, est a priori toujours coupable...) Dans l'Amérique de Trump, dans ses États les plus conservateurs, même ce "mieux que rien" est arraché aux filles et aux femmes. C'est véritablement une guerre ouverte, une guerre liberticide et féminicide : faut-il rappeler le nombre de femmes qui meurent chaque année d'avoir été contraintes d'avorter clandestinement ? et quel message, sinon un véritable "feu vert", font passer de telles  interdictions font passer aux violeurs ?
Je ne suis pas américaine, mais contre ces agresseurs, je me bats depuis quelques années avec des mots - parce que les mots sont des armes. Et voici quelques réponses, quelques pistes de réflexion, pour combattre, survivre et vivre libre de nos choix.


#gulfstreamediteur
#editionsscrineo
Nos Vies suspendues et Sang-de-Lune seront disponibles aux Imaginales.




#liberte #moncorpsmonchoix #nonauviol

mardi 14 mai 2019

Le Passageur - Andoryss

Directrice de collection aux éditions Lynks, j'ai la chance d'avoir travaillé avec des gens que j'apprécie énormément, à la fois sur le plan professionnel et humain. Et puis, à travers les manuscrits, et les échanges avec  les auteur.ice.s, j'ai (re)découvert de très belles personnes. Andoryss, autrice de la série Le Passageur, dont le T2 sort jeudi, en fait partie. 
L'histoire de Matéo, son Passageur et de sa fratrie, Dio et l'adorable Luiza, est vibrante d'humanité, en plus d'être remarquablement écrite. Les intrigues son captivantes, et apportent une réflexion brillante et engagée sur l'histoire de notre pays - la Commune de Paris (bizarrement peu étudiée au lycée) et la France de Vichy (l'attentat de Barbès, les aliénés).



La Dévoreuse se tient au centre du tourbillon. Ce ne sont plus des pleurs, ce sont des cris, des morceaux d’âmes que l’on arrache et qui produisent ce son. Dressée au milieu des ombres, la silhouette est un spasme de lumière qui se contorsionne dans le courant, comme si on le torturait. Je lutte comme un forcené pour l’atteindre et soudain je crève la bulle. Au centre du cyclone, le courant se meurt et disparaît pour rugir à l’extérieur de nous.

Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jusqu’à ce qu’elle-même meure, des années auparavant. Ce que Matéo ne pouvait pas deviner, c’est qu’il hésiterait de son pouvoir. Le voilà désormais contraint de lutter contre un trushal odji, une âme affamée. Pour s’en libérer, Matéo n’a d’autre choix que de la rejoindre afin de l’apaiser – et le temps lui est compté. Escorté par le fantôme d’une mystérieuse enfant, Matéo retourne dans le passé, au cœur de la Commune, dans un Paris en proie aux flammes…



Merci pour ta confiance et ces très beaux moments de lecture, Andoryss!

Et rendez-vous le 16 mai pour la sortie officielle du roman!