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mardi 9 juillet 2019

Amitié, liens - à l'épreuve du temps ?

Amis pour toujours. 
A la vie à la mort. 
Parce que c'était luielle, parce que c'était moi... 
Avec le recul, ça donne quoi ? 
Ça donne qu'il faut se méfier des grandes déclarations que l'on fait et reçoit... ou tout simplement, accepter les intermittences du cœur et des chemins de vie. Certaines personnes, auxquelles on tient (ou tenait), s'éloignent de nous : le téléphone ne sonne plus, messenger est en berne (s'il y a messenger), on envoie des cartes, qui demeurent sans réponse. Certain.e.s, auxquel.le.s on tenait, deviennent "encombrantes". Parce que tou.te.s, nous avons changé, rencontré de nouvelles têtes, pris une nouvelle route et que nos centres d'intérêt ou nos axes de vie ne sont plus les mêmes... ou que nos attentes n'étaient pas les mêmes... dès le départ.

Je te suis, tu me fuis. 
Je te fuis, tu me suis.  
Ce n'est pas valable seulement en amour. En amitié, également. Le problème, là dedans ? Les blessures que ces jeux engendrent - qu'ils soient ou non conscients. "Qu'ai-je fait pour" - que l'autre m'ignore, me rejette, etc. "Quand iel était 'dans la merde', 'seul.e', 'etc. (Rayez la mention inutile, toutes les causes se valent)', iel était bien content.e de me trouver." Ce qui, somme toute, est vrai - et pas toujours réciproque, mais reconnaissons qu'en matière d'équilibre, il y a toujours eu des gens auxquels ont était plus attaché.e.s qu'à d'autres, et pas toujours les plus cool. Moralité, on souffre du déséquilibre né de la relation. Et les "accords toltèques" ou autres ouvrages de bien-être, médiation et travail sur soi on beau dire de "ne pas le prendre personnellement", de se "demander pourquoi on s'est investi dans cette relation" (avec les questions subsidiaires "ça t'apporte quoi", "qu'est-ce qui t'arrange dans ce rapport"), ben ça fait mal. Bien sûr, il y a des "raisons inconscientes qui..." Sauf qu'on s'en fiche, des "raisons inconscientes" : sur le moment, les blessures sont là, et on a mal. Après, quand on a moins mal, qu'on est passé.e à autre chose, on peut se dire : "ah, tiens, pourquoi..."


C'est le moment de prendre le recul qui va bien et de se poser toutes les questions susmentionnées...

Et de relire son Éthique à Nicomaque, d'Aristote :
Or, quand les hommes ont l’un pour l’autre une amitié partagée, ils se souhaitent réciproquement du bien d’après l’objet qui est à l’origine de leur amitié. Ainsi donc, ceux dont l’amitié réciproque a pour source l’utilité ne s’aiment pas l’un l’autre pour eux-mêmes mais en tant qu’il y a quelque bien qu’ils retirent l’un de l’autre. De même encore ceux dont l’amitié repose sur le plaisir ce n’est pas en raison de ce que les gens d’esprit sont ce qu’ils sont en eux-mêmes qu’ils les chérissent, mais parce qu’ils les trouvent agréables personnellement. Par suite ceux dont l’amitié est fondée sur l’utilité aiment pour leur propre bien, et ceux qui aiment en raison du plaisir, pour leur propre agrément, et non pas dans l’un et l’autre cas pour ce qu’est en elle-même la personne aimée mais en tant qu’elle est utile ou agréable. Dès lors ces amitiés ont un caractère accidentel, puisque ce n’est pas pour ce qu’elle est essentiellement que la personne aimée est aimée, mais en tant qu’elle procure quelque bien ou quelque plaisir, selon le cas. Les amitiés de ce genre sont par suite fragiles, dès que les deux amis ne demeurent pas pareils à ce qu’ils étaient. S’ils ne sont plus agréables ou utiles l’un à l’autre, ils cessent d’être amis. Or, l’utilité n’est pas une chose durable, mais elle varie suivant les époques. Aussi, quand la cause qui faisait l’amitié a disparu, l’amitié elle-même est-elle rompue, attendu que l’amitié n’existe qu’en vue de la fin en question.

Combien d'amitiés répondent à l'un  ou l'autre critère, uniquement ? Et dans ces amitiés, il faut également mettre les attachements familiaux - qui ne sont pas plus évidents ... ou/ et professionnels (Aristote disserte longuement à ce sujet : amitié parent/ enfants (affection, en réalité), d'un roi pour son sujet (et vice-versa, bienveillance ou admiration, faussée, donc...)



Mais la parfaite amitié est celle des hommes vertueux et qui sont semblables en vertu : car ces amis-là se souhaitent pareillement du bien les uns aux autres en tant qu’ils sont bons, et ils sont bons par eux-mêmes.[...] Et chacun d’eux est bon à la fois absolument et pour son ami, puisque les hommes bons sont en même temps bons absolument et utiles les uns aux autres. Et de la même façon qu’ils sont bons ils sont agréables aussi l’un pour l’autre [...] Il est normal qu’une amitié de ce genre soit stable, car en elle se trouvent réunies toutes les qualités qui doivent appartenir aux amis. [...]sont là les principaux objets de l’amitié, et dès lors l’affection et l’amitié existent chez ces amis au plus haut degré et en la forme la plus excellente.  [???] Seule l’amitié entre gens de bien est à l’abri des traverses : on ajoute difficilement foi à un propos concernant une personne qu’on a soi-même pendant longtemps mise à l’épreuve ; et c’est parmi les gens vertueux qu’on rencontre la confiance, l’incapacité de se faire jamais du tort, et toutes autres qualités qu’exige la véritable amitié. Dans les autres formes d’amitié, rien n’empêche les maux opposés de se produire. 


Aristote met également l'accent sur la notion d'égalité,. Quand les rapports, au départ, sont déséquilibrés, l'amitié risque de foirer...
Bref, les vrais amis, on n'en a pas des masses.
Et ce n'est pas si grave... Une fois qu'on a pris le fameux recul nécessaire, et le temps qui l'accompagne, pour analyser les choses avec clarté :
* Les vies se croisent, s'éloignent, se retrouvent parfois...
*C'était peut-être pas le même genre d'amitié ou d'attachement que ce que l'on croyait...
*On fait pareil avec des gens qui ne nous intéressent plus, ou nous ennuient, ou ne nous apportent rien (à moins d'être complètement masos)...
Une fois le "glups" de l'égo digéré (X ou Y ne me trouve pas si intéressant.e que ça, voire carrément chiant.e, voire je pourrais crever iel s'en fout ou juste iel n'en a rien à faire sauf quand besoin d'un service ), on peut : remettre les éléments à leur juste place, faire son deuil d'une relation finalement pas si saine et agréable que cela, passer à autre chose et se recentrer sur ce et celleux qui comptent réellement...
... Et qui, elles et eux, sont à l''épreuve du temps.






jeudi 27 juin 2019

Miroirs...

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine.... j'ai fait une thèse de philosophie. Intitulée : Les mondes imaginaires et le déplacement du réel : un questionnement de l'être humain, elle interrogeait, à travers les différents prismes que sont la philosophie, la psychanalyse, la littérature fantastique et la musique notre rapport à l'autre. L'autre : humain. L'autre : non-humain. J'y montrais, de mémoire l'impossible définition de l'humain en l'homme, et surtout l'absurdité de la question... J'y montrais également que notre rapport à l'autre, c'est d'abord la prise de conscience de notre fragilité (le visage, selon Lévinas) et notre finitude (la mort, le corps mort, etc.) - l'autre est ce qui m'attire, et aussi m'effraie. C'est également dans ce rapport à l'autre, cette fois l'autre non-humain, que l'être humain est confronté à ses propres failles (ou aux failles de son questionnement). Le non-humain, dans ma thèse, c'était le monstre - en particulier la Sphinge envoyée par Apollon, à la croisée des chemins, pour terrifier les voyageurs mais aussi punir un meurtre. Œdipe, en résolvant l'énigme de l'hybride, la détruisait, mais devenait ainsi un VRAI monstre (parricide d'abord, puis incestueux...) Pourquoi avoir détruit la Sphinge? Pourquoi ne pas lui avoir demandé "pourquoi", justement... 


Nous , humains, passons notre temps à classer et définir, cherchant à nous classer, étiqueter, définir, les uns par rapport aux autres,  ou à une norme, ou au monde. Nous essayons d'être objectifs. Du moins en philosophie. Et dans certaines sciences. Et nous nous plantons, lamentablement. Nous nous plantons parce que nous délimitons, excluons, au lieu de comprendre, parce que nous coupons des liens au lieu d'en créer. Nous nous plantons surtout pace que nous ne sommes pas des machines, mais des êtres sensibles. L'objectivité, à moins d'être un parfait sociopathe, c'est une vaste fumisterie. Ou un exercice impossible. Ou une façon de passer à côté de la vie. Bref. 


A l'époque, je le pensais mais je n'étais pas assez sûre de moi ou claire avec moi-même, mais notre manière de penser, classer, définir, avec les animaux autres qu'humains, me paraissait tout aussi absurde. Absurde, parce qu'héritée d'une pensée mécaniste et utilitariste, rongée par la volonté de puissance,  bien pratique quand on a besoin d'opprimer, dominer, tuer, etc. Qu'on ne s'y trompe pas, l’asservissement des animaux autres qu'humains préfigure et rend possible celui des humains *
En biologie et éthologie, en France particulièrement, les recherches souffrent énormément de ces carcans étriqués. philosophe et éthologue, Vinciane Despret a beaucoup écrit sur la question de l'objectivité très subjective en réalité des chercheurs : 
"(...) les expérimentateurs expérimentés conseillent aux jeunes scientifiques de ne pas travailler avec les chats. Il semblerait en effet que, dans certaines circonstances, si vous donnez à un chat un problème à résoudre ou une tâche à exécuter pour trouver de la nourriture, il va le faire assez rapidement, et le graphique qui donne la mesure de son intelligence dans les études comparatives connaîtra une courbe ascendante assez raide. Mais, [Vicky Hearn] cite ici un de ces expérimentateurs, « le problème est que, aussitôt qu’ils ont compris que le chercheur ou le technicien veut qu’ils poussent le levier, les chats arrêtent de le faire. Certains d’entre eux se laisseront mourir de faim plutôt que de continuer l’expérience ». Elle ajoute laconiquement que cette théorie violemment anti-behavioriste n’a jamais été, à sa connaissance, publiée. La version officielle devient : « n’utilisez pas de chats, ils foutent les données en l’air »." (Penser comme un rat). 

 
Le biologiste et psychologue Frans de Waal, lui, explique que les expériences visant étudier le comportement des animaux et/ ou leurs capacités d'apprentissage sont souvent faussés lorsque cela concerne les animax autres qu'humains : des enfants et des chimpanzés auront le même référent humain, pour leur montrer comment effectuer telle ou telle tâche. Les enfants réussissent mieux... parce que l'expérimentateur qui leur propose tel ou tel jeu est humain. Les chimpanzés ont plus de difficultés à comprendre quelqu'un qui n'est pas de la même espèce. Ce n'est qu'un exemple. 
Il montre dans Sommes nous trop bêtes pour comprendre les animaux à quel point nos méthodes sont limitatives et sources d'échec quand on tente réellement de comprendre comment les animaux apprennent, communiquent, etc. 
"... si la cognition animale devient un sujet de plus en plus populaire, l'idée qu'elle ne serait qu'un pâle substitut de la vie humaine a la vie dure. [...] Quel étrange animal nous sommes pour que la seule question que nous posions sur notre place dans la nature soit : "miroir, mon beau miroir, quel est le plus intelligent ?" La volonté de laisser les humains à leur place dans l'absurde échelle de la nature imaginées par les grecs de l'Antiquité  a conduit à une obsession de la sémantique, des définitions, des redéfinitions - et, soyons honnêtes - au déplacement incessant des lignes de but. Chaque fois que nous transformons nos faibles attentes envers nos animaux en expériences, le miroir nous fait entendre notre réponse préférée."
Ainsi, que ce soit dans des articles, sur les réseaux, dans des conversations, on entend que tel ou tel espèce "n'est pas capable de", "a un plus gros cerveau", "moins grand", etc. Frans de Waal raconte l'anecdote de l'éléphant incapable de se reconnaître dans un miroir... trop petit pour lui. Et de conclure : "il y a tant d'explications possibles à des résultats négatifs qu'il est plus sûr de douter de sa méthode avant de douter de ses sujets." 
A propos de Hans le malin, le cheval qui "savait compter", il a été montré que, ce qu'il savait, c'était lire les émotions et le langage corporel de son humain. Ce qui veut dire, non qu'il était stupide... mais que c'était un maître en communication et en empathie. C'est juste dommage qu'il ait fallu des décennies pour comprendre ça.** 

Photo : Kimberley Spencer

A cela, se rajoute, les généralités à propos des espèces : "le cheval est", "le chat n'est pas", "le chien est", avec plein de grandes vérités, issues de courants de pensée, d'approches, elles-mêmes influencées par les idées de celui-ou celle qui les aura écrites... qui nie complètement la singularité,, la personnalité de chaque individu. Comme si, seul, l'humain - et encore, mâle, blanc, hétérosexuel et riche..*** - avait le droit à la singularité. Une façon bien commode de regarder le miroir... par le petit bout de la lorgnette et de refuser ce qui nous lie aux autres personnes, humaines et non-humaines... Si je me reporte au drame d'Oedipe et de la Sphinge, ce refus de considérer l'autre dans sa singularité, de nous y reconnaître, dans notre fragilité, dans notre étrangeté, et de communiquer avec lui (ou trouver le moyen de le faire), ce jugement qui refuse toute empathie, est ce qui nous coupe de nous-même, du monde, de notre humanité... 
Je conclus en vous renvoyant à la première des cinq excellentes émissions de france culture : l'Animal est il l'avenir de l'homme, avec Yves Christen, biologiste et spécialiste es peuploe panthère... excusez du peu! 

* Je cite Marguerite Yourcenar : "Je me dis souvent que si nous n'avions pas accepté, depuis des générations, de voir étouffer les animaux dans les wagons à bestiaux, ou s'y briser les pattes comme il arrive à tant de vaches ou de chevaux, envoyés à l'abattoir dans des conditions absolument inhumaines, personne, pas même les soldats chargés de les convoyer, n'aurait supporté les wagons plombés des années 1940-1945. Si nous étions capables d'entendre le hurlement des bêtes prises à la trappe (toujours pour leurs fourrures) et se rongeant les pattes pour essayer d'échapper, nous ferions sans doute plus attention à l'immense et dérisoire détresse des prisonniers de droit commun.'

** Note pour les cavaliers : les chevaux perçoivent nos peurs, nos angoisses, notre joie, nos frustrations, nos intentions, au point que cela peut paraître magique. Ils ne peuvent en revanche comprendre nos incohérences, parce qu'ils lisent un langage qui est en contradiction avec nos émotions... le souci n'est pas tant de faire de l'anthropomorphisme, que d'être cohérent entre ce que l'on exprime et ce qu'on veut. ) 

*** Vous n'avez pas remarqué le nombre de textes qui célèbrent La femme, en général bien archétypée, parlent de LA femme, etc.  ?
 

jeudi 13 juin 2019

Veggie, tendance vegan



Quand Mallory débarque dans sa classe de terminale, Chris tombe vite sous son charme. Mais il se sent maladroit et balourd face au charisme de la jeune fille, végétarienne, slameuse et youtubeuse, engagée dans la lutte contre les violences faites aux animaux. Challengé par son amie Nadia, il décide de devenir végétarien lui aussi. Et puis, il se prend au jeu. Quand le prof de philo annonce un exposé en commun, Chris propose à Mallory et Nadia de travailler sur le thème de l’animal. Trouvera-t-il le courage de dévoiler ses sentiments  ? 

Ce roman, paru hier aux éditions Rageot, parle de végétarisme (évidemment), mais aussi d'amitié, de jeu de rôles, de famille, et de chats.  

Vous pouvez en lire un extrait sur ce lien : clic!  

Il parle aussi - et surtout - d'une prise de conscience et d'un engagement nécessaires, dans ce XXIe siècle de la 6ème Extinction, dans lequel notre planète est rongée par les pesticides et l'industrie (élevage  compris), polluée par les plastiques et les déchets, détruite par la folie des puissants (surpêche, destruction de la biodiversité, chasse, chosification des animaux et des hommes, etc.)... 
Oui, c'est un roman engagé. 
Oui, il se peut qu'il dérange. 
Mais il est  - aussi -  là pour ça.  

#vegetarienne #jdr #animaux #veggie #nonalachasse #ilestencoretemps #sauvezlaterre #antispecisme

mercredi 5 juin 2019

L'Archipel des Numinées : intégrale

Cette année, cela fera 10 ans que L'Archipel des Numinées a été publié sous la direction de Charlotte Volper,  aux éditions Mnémos. Enfin, le premier tome, Arachnae, avec sa première et belle couverture dessinée par Elvire de Cock. Ont suivi Cytheriae (prix Elbakin 2010, prix Imaginales 2011 et prix de l'illustration 2011, ce dont je suis extrêmement fière) et Matricia
C'est une trilogie sombre, très sombre (trop sombre pour certain.e.s éditeur.ice.s poche et chroniqueur.euse.s) puisqu'elle explore, à l'échelle d'une ville, d'un quartier, d'une famille, le côté obscur de l'être humain.


Dans le premier opus, Arachnae, il est question de perversité et de vices, mais aussi de choix politique et de lâcheté. On y suit Théo, bretteuse douée de prescience, incapable d'engagement (être une fonction, plutôt que soi-même), Ornella, une courtisane lumineuse et le prince Alessio, dévoué à sa principauté et capable de sacrifier ce qu'il a de plus précieux au nom du bien commun. Arachnae a été retravaillé 2 fois (et 2 fois épuré!), une première pour sa sortie poche dans la très belle collection Helios, des Indés de l'imaginaire -  c'est Mélanie Delon qui a dessiné les 3 couvertures - et une seconde fois, donc, pour cette intégrale. 
Cytheriae, qui parle essentiellement d'amour, de peur et de folie, prend place dans un quartier de Cribella. Aux portes de la ville, se pressent des réfugiés venus d'autres principautés : il fuient la menace de la peste cendreuse et sont parqués dans une zone marécageuse très surveillée (toute ressemblance avec la réalité...) Nola, une jeune écrivaine publique, sert de confidente à la plupart des gens du coin - quelle que soit leur condition. Mais jamais elle ne parle d'elle. Parce qu'elle est complètement dissociée, depuis la nuit terrible où elle a perdu son enfant. Seul son ami, Angelo, sait qui elle est vraiment. Un jour, Noladécouvre le journal de Malatesta, créature hybride emprisonnée dans un labyrinthe...
Des trois tomes de L'Archipel, c'est le plus lumineux. 
Matricia, enfin. Mon chouchou! La peste cendreuse a dévasté Matricia, située au nord de l'Archipel. Dans les ruines d'un opéra, Dionisia, métisse et magicienne d'une grande puissance, affronte son oncle Alino, le dernier survivant de cette famille maudite. Pendant ce temps, Angelo débarque sur l'île, en quête de réponses, et peut-être du seul moyen de sauver l'archipel du mal qui le ronge.
Dans ce 3ème tome, il est question de vengeance et de sacrifice, de folie une fois encore et de perversité. Mais surtout, d'acceptation de soi et de dignité. 
Le fil rouge qui relie ces trois volumes...  Le même, je crois, qui traverse TOUS mes romans de fantasy : la menace de la dissolution, du néant. C'est un thème qui me hante - le vide qui ronge, détruit, quelle que soit sa forme et sa cause première (mal "classique", écologique, politique...) Et le sentiment d'urgence qui y est lié. Je me suis rendu compte, en retravaillant ces trois textes, qu'ils étaient encore et toujours d'actualité : compromissions politiques, crises  humaines, et de façon plus intime, la difficulté d'être soi, de transmettre ou de communiquer (ses peurs, ses désirs, etc.) 
Voilà. C'est un peu foutoir, tout ça! (et sans doute trop intello, aux yeux de certain.e.s...  pas grave, lire, c'est aussi réfléchir...) Et vous me direz : "bon, c'est super tout ça mais que trouve-t-on de plus dans cette intégrale "? 
Des cartes, des tarots, des nouvelles, des poèmes et même du théâtre. ce qui n'est pas si mal!
Pour terminer, je voudrais juste en profiter pour remercier Charlotte Volper, Elvire de Cock, Stéphanie Nicot, Mélanie Delon, Anne Besson, Frédéric et Nathalie Weil qui ont tou.te.s, d'une façon ou d'une autre, aidé cet univers à exister. 
Et la bonne nouvelle ? Ce n'est pas fini... Dès 2021, il y aura du nouveau, du côté des Numinées.

mercredi 29 mai 2019

Dissociation et politique

Non, ce n'est pas un titre qui parodie Jane Austen. 
C'est juste le début d'une réflexion qui met en parallèle la dissociation liée à un traumatisme et les résultats de ces élections européennes (et des élections, depuis une bonne vingtaine d'années, en général). 
Depuis pas mal de temps, je m'intéresse aux mécanismes de soumission à l'autorité, mais aussi aux conséquences des maltraitances et agressions, notamment aux notions de sidération et dissociation. Quand j'ai écrit Là Où tombent les anges, notamment, je me suis documentée sur les violences familiales (et conjugales) : qu'est-ce qui fait qu'une femme battue reste avec son conjoint ? Qu'est-ce qui fait qu'une personne victime de violences va se mettre dans des situations qui reproduisent ou font écho à ce qu'il ou elle a subi ? le parcours de Solange, c'est celui d'une fillette battue par son père, qui s'enfuit lorsque ça devient vraiment dangereux pour elle (question de vie ou de mort), et se retrouve mariée à un homme violent et possessif... dont elle mettra plusieurs années à se libérer. Plusieurs chroniques reprochaient à Solange sa passivité - genre "mais pourquoi elle n'explose pas la tête de cette ordure ?"...  Ben la réponse est simple : parce que, dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça, et même s'il y a pétage de tronche, en fait, il y a une reconstruction à effectuer derrière (juste pour ne pas retomber dans le même mécanisme) et c'est long.
Comme c'est long, infiniment long, de se sortir des griffes d'un.e pervers.e narcissique (jusqu'où accepte-t-on d'être noyé.e...?). 
En schématisant : "au moins, on sait où on va" - avec un.e. pervers.e, un.e conjoint.e violent, etc. Je vous renvoie au site élaboré par Muriel Salmona sur les mémoires traumatiques : ici et là  pour une analyse vraiment approfondie de la question. 
Depuis des décennies, en France, on subit une politique de plus libérale et de moins en moins sociale, qui détruit tout ce qui a été arraché à la force de manifestations, révoltes, mouvements sociaux (par exemple, les congés payés, la retraite et la sécurité sociale), qui transforme le monde du travail en société d'esclaves en cassant le code du travail, en traitant les chômeurs (par exemple) comme des moins que rien (et pire, en faisant en sorte que leurs pairs les considèrent comme de gros fainéants... ), en criminalisant l'humanisme (l'aide aux migrants), en divisant les gens (par exemple, les discours anti-profs et anti-fonctionnaires... oubliant par-là-même que les policiers le sont, fonctionnaires) - et je ne parle même pas du massacre délibéré de l'environnement, flore, faune, terre... enrobé depuis longtemps par un discours vaguement écolo (n'achète plus de bouteille en plastique... consomme du Nutella...) 
Ce que je raconte, comme ça, a l'air un peu foutoir, hein. Mais l'idée, c'est de faire un parallèle entre les mécanismes de dissociation et le vote systématiquement destructeur des Français - et j'y ajouterai bien une pincée de lobotomisation sectaire (pensée conditionnée par des décennies de croyances fausses sur la "droite  stable et solide" et la "gauche laxiste pas réaliste"). 
Pour moi, le vote de dimanche dernier, c'est la conséquence d'un long passif de maltraitance et de matraquage - avec, n'oublions pas, la sidération née de 5 ans de Hollande (qui  a eu l'occasion de changer les chose,s mais a préféré marcher dans les pas du CAC 40) - la loi El Khomri, c'est lui. un peu comme si une personne se sortait d'une situation de violence ouverte pour tomber dans les rets d'un.e pervers.e narcissique. Avec LRNM (oui, c'est délibéré), "on sait où on va"... Ou "voter ou pas, ça ne change rien, ne sert à rien"...
Je veux croire que c'est ça qui fait que le pire se produit encore et toujours en France, en politique. Et que c'est pour cette raison (en plus du matraquage médiatique qui fait qu'on ne vote plus pour un programme mais pour la nouvelle star) que tant de personnes ont la trouille... même quand il s'agit de liberté, d'urgence climatique, de respect des droits de l'homme, de protection animale, de sauvegarde de nos droits à exister... 
Le problème, c'est que nous sommes en état d'urgence. Urgence climatique (oui, j'ai de gros doutes sur EELV), urgence animale, urgence sociale... et que le temps qu'onse sente vraiment suffisamment "mal" pour changer les choses, il sera peut-être trop tard.
 

mercredi 22 mai 2019

EN GUERRE CONTRE LES FEMMES

L'Amérique de Trump porte atteinte aux droits des femmes, à leur corps, à leur vie. L'Amérique de Trump décomplexe la politique patriarcale et sexiste de ses Etats les plus puritains : l'Alabama interdit l'IVG même en cas de viol et d'inceste, le Texas projette de  punir l'avortement de la peine capitale. L'ONU recule sur des résolutions évoquant la notion de santé sexuelle et procréative, sous la pression des Etats-Unis, de la Chine et de La Russie (une horreur quand on sait que le viol et les violences sexuelles sont des armes de guerre). En France, on entend régulièrement des propos anti-avortement, avec les éclats bien puants de l'ignoble président du syndicat des gynécologues en France. (cf ici). Et ce, sans compter les difficultés croissantes que connait le planning familial... De façon plus générale, l'IVG reste problématique dans notre pays - alors qu'il ne devrait pas - et plus - l'être : la loi Veil, ça fait 44 ans, quand même. 
Et pourtant, la question  de la potentielle culpabilité de la femme/ fille enceinte est telle que, même lorsque l'IVG est une évidence, les grilles de lecture sont faussées. Ainsi, quand j'ai écrit le scénario de Secret pour secret (graphique dessiné par Jaypee), je n'ai absolument pas voulu faire de cette bédé une histoire de "je le garde ou pas"- le seul moment où Louane pose la question, c'est parce qu'elle s'abreuve de séries américaines (ou on peut faire à peu près n'importe quoi, sauf avorter) et non parce qu'elle s'interroge vraiment, d'ailleurs la question est réglée en une phrase lapidaire de sa copine. Secret pour secret parle d'avortement (ça se passe comment, et d'amitié...) Mais les retours de lecteur.ice.s que j'ai eues sont pour l'essentiel liés à "se demande si elle va le garder ou pas"... (comme s'il n'y avait qu'une seule façon de parler de l'IVG, comme s'il n'y avait qu'une seule histoire possible, avec deux fins différentes). Et, pour les jeunes que je rencontre, si les questions de genre et de préférences amoureuse évoluent très bien,n l'attitude des adolescents vis-à-vis de l'IVG reste problématique : il y a bien sûr les questions d'éducation parentale, mais également de culture télé, et de manque d'informations (quand des adolescentes évoquent le fait de tuer un foetus, ça fait peur...)
Autre point, soulevé par une certaine Amérique : "même en cas d'inceste et de viol". Dans les pays qui autorisent l'IVG, la question ne devrait pas se poser (dans les faits, c'est une justification morale qui ne devrait pas l'être). Dans les pays qui l'autorisent "en cas de viol, violence, inceste, etc. " , c'est la moindre des choses - mais encore trop souvent sujet à pressions sociales, culturelles, juridiques (n'oublions pas que la femme, même victime, est a priori toujours coupable...) Dans l'Amérique de Trump, dans ses États les plus conservateurs, même ce "mieux que rien" est arraché aux filles et aux femmes. C'est véritablement une guerre ouverte, une guerre liberticide et féminicide : faut-il rappeler le nombre de femmes qui meurent chaque année d'avoir été contraintes d'avorter clandestinement ? et quel message, sinon un véritable "feu vert", font passer de telles  interdictions font passer aux violeurs ?
Je ne suis pas américaine, mais contre ces agresseurs, je me bats depuis quelques années avec des mots - parce que les mots sont des armes. Et voici quelques réponses, quelques pistes de réflexion, pour combattre, survivre et vivre libre de nos choix.


#gulfstreamediteur
#editionsscrineo
Nos Vies suspendues et Sang-de-Lune seront disponibles aux Imaginales.




#liberte #moncorpsmonchoix #nonauviol

mardi 14 mai 2019

Le Passageur - Andoryss

Directrice de collection aux éditions Lynks, j'ai la chance d'avoir travaillé avec des gens que j'apprécie énormément, à la fois sur le plan professionnel et humain. Et puis, à travers les manuscrits, et les échanges avec  les auteur.ice.s, j'ai (re)découvert de très belles personnes. Andoryss, autrice de la série Le Passageur, dont le T2 sort jeudi, en fait partie. 
L'histoire de Matéo, son Passageur et de sa fratrie, Dio et l'adorable Luiza, est vibrante d'humanité, en plus d'être remarquablement écrite. Les intrigues son captivantes, et apportent une réflexion brillante et engagée sur l'histoire de notre pays - la Commune de Paris (bizarrement peu étudiée au lycée) et la France de Vichy (l'attentat de Barbès, les aliénés).



La Dévoreuse se tient au centre du tourbillon. Ce ne sont plus des pleurs, ce sont des cris, des morceaux d’âmes que l’on arrache et qui produisent ce son. Dressée au milieu des ombres, la silhouette est un spasme de lumière qui se contorsionne dans le courant, comme si on le torturait. Je lutte comme un forcené pour l’atteindre et soudain je crève la bulle. Au centre du cyclone, le courant se meurt et disparaît pour rugir à l’extérieur de nous.

Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jusqu’à ce qu’elle-même meure, des années auparavant. Ce que Matéo ne pouvait pas deviner, c’est qu’il hésiterait de son pouvoir. Le voilà désormais contraint de lutter contre un trushal odji, une âme affamée. Pour s’en libérer, Matéo n’a d’autre choix que de la rejoindre afin de l’apaiser – et le temps lui est compté. Escorté par le fantôme d’une mystérieuse enfant, Matéo retourne dans le passé, au cœur de la Commune, dans un Paris en proie aux flammes…



Merci pour ta confiance et ces très beaux moments de lecture, Andoryss!

Et rendez-vous le 16 mai pour la sortie officielle du roman!

dimanche 5 mai 2019

Les mots sont des armes...


Je viens de terminer un article sur l’utilisation et l’évolution du féminin dans le langage. Une fois encore, je suis émerveillée par sa puissance: les mots, leur forme, nous conditionnent. La disparition progressive du féminin dans les arts et les lettres comme le terme autrice par exemple, ou poétesse, philosophesse, tyranne, les règles de simplification de la langue – le masculin vaut pour un neutre et l’emporte sur le féminin – ont mené à et renforcé une véritable dévalorisation des femmes, à la fois culturellement et socialement.
Dans le monde de l’édition, des manuscrits écrits par des hommes, ou sous pseudonyme masculin, ont plus de chance d’être lus et pris au sérieux que s’ils sont rédigés par des femmes – même aujourd’hui. Certaines refusent catégoriquement d’être féminisées, au prétexte qu’autrice ou écrivaine sont moches (des arguments employés par de vieux intellos sexistes de l’Académie à la fin du XIXeme siècle, qui d’ailleurs étaient les mêmes qui clamaient qu’écrivain n’était pas un métier pour les femmes, alors qu’il s’agit d’un sexisme et d’une dévalorisation de soi totalement intégrées.
Dans le milieu équestre, on continue à parler d’un « homme de cheval », alors même que les femmes sont plus nombreuses et au moins aussi compétentes que leurs pairs. Certaines cavalières de haut niveau ou coach mettent un point d’honneur à se montrer totalement dénuer d’empathies dans un milieu machiste ou on aurait vite fait de les taxer de « trop sensibles » (alors que les chevaux SONT hyper sensibles, mais passons…) Il en va de même dans de nombreuses professions traditionnellement « masculines ».
 Pour rester dans le même domaine, celui de l’équitation, le vocabulaire qu’on emploie pour désigner et qualifier les chevaux, nous conditionne à les considérer comme des objets : on parle de « modèles », comme s’il s’agissait de voitures. Au passage, le nombre de pubs qui comparent la possession d'une femme - et donc, l'objectivent - à celle d'une voiture montre bien  que le passage du sexisme au spécisme dans cet article est plus logique qu'il ne le paraît... (Oh, et ne dit-on pas que certaines femmes ont « une belle carrosserie » ?)




Les chevaux ne maigrissent pas, ne grossissent pas : ils prennent ou perdent "de l’état"; cette terminologie contribue à les objectiver, cette fois par en invoquant la notion d’engraissement. 
On peut ainsi continuer les parallèles : durant des siècles, les femmes ont été interdites de féminisation des noms des professions liées à la création et au pouvoir, au point que certaines d’entre elles refusent le féminin « directrice » de peur d’être « mal vues » par leurs collègues. On refuse aux autres espèces tout ce qui peut les rapprocher de la nôtre – les éthologues prennent d’infinies précautions quand ils parlent de « pensée » et de « sentiments » pour les rats, singes, chevaux, ânes, poissons divers qu'ils étudient (même si, heureusement, les lignes bougent) et on leur refuse encore la possibilité d’être des personnes. 

Il est temps de cesser de s’excuser d’avoir de la considération pour autrui. les mots sont des armes. Utilisons-les.

mardi 19 mars 2019

La fabrique du pire

Depuis une trentaine d'années, les différents ministères de l'éducation nationale s'efforcent avec plus ou moins de constance de creuser les inégalités entre les élèves, mettant en place des programmes super quand on va dans un collège du marais parisien, beaucoup moins sympas et totalement inapplicables quand on vit dans un village de Haute-Marne. Ou dans "les quartiers" (le politiquement correct des cités, de la banlieue, de la zone, bref...) Ou qu'on n'a pas un rond. Ou les deux. Tout en encourageant le mépris des fonctionnaires "qui ne foutent rien". Et en supprimant des postes. Etc;
Avec les réformes Blanquer, on touche le fond. On touche aussi le cœur d'un idéal qui n'a de philosophique que quelques oripeaux moisis (tirés d'un mélange de Kant et de Platon, tous deux déjà fachos et ringards en leur temps*) mais sert en réalité une ploutocratie bouffie de capitalisme, qui a tout intérêt à creuser les écarts entre les "classes" et créer des esclaves corvéables à merci, incapables de réfléchir (selon eux) ou de se défendre.
Ainsi, la réforme des lycées et du BAC, évoquée par un enseignant sur le Média. 


Celle des lycées "à la carte" sauf que quand t'es dans un bled, tu n'as d'autre choix que te contenter de peu ou migrer vers une grande ville, en internant pour peu que tu en aies les moyens...
Celle des lycées professionnels, qui entre en vigueur en septembre, est l'illustration parfaite et terrible de cette volonté d'état :
* de 4H d'histoire et de français, orientées entre autre sur la classe ouvrière et ses révoltes, des réflexions autour du féminisme...
*... on passe à 1.5H par semaine, où on enseignera la révolution américaien et les points positifs de notre belle République, ainsi que "comment faire une lettre de motivation (atelier qui existe déjà aujourd'hui dans une autre matière)
*suppression de postes dédiés
* et devoir de réserve, moins politiquement correctement parlant : parole muselée.
En écho à celui des Gilets jaunes, le mouvement des Stylos rouges est né : clic aussi. 
Aujourd'hui, les profs sont en grève, et pour avoir pas mal circulé dans les classes ces derniers temps, je sais que leurs élèves les soutiennent. Élèves qui se battent à la fois pour leur avenir et notre avenir à tou.te.s : celui d'une planète martyrisée par les hommes. 
L'enseignement. Les transports - là, je ne parle pas de la privatisation des aéroports, votée à 5H du matin... mais ce que je constate : des campagnes de moins en moins bien desservies. Une volonté, derrière, qui est d'isoler les gens, les forcer à migrer vers la ville - c'est quoi, l'idéal, derrière ? Des mégalopoles crasseuses, bien dystopiques et des champs pourris par Monsanto s'étirant à perte de vue dans un pays ravagé par les pesticides ? 
Depuis leur arrivée au pouvoir - et des élections manipulées par la peur ("ben qu'est-ce qu'on va pouvoir voter sinon..." dès le premier tour, c'était triste à pleurer - des fois que les Insoumis aient un programme un peu trop inconfortable, hein...) - Macron et sa horde sont en marche vers la fabrique du pire. Avec la complicité des grands médias, qui s'empressent d'envoyer des images d'incendies et de parler de casseurs là où la vraie violence, c'est celle-ci : 
Ou bien celle-là "on travaille avec l'humain" : là 
et puis là aussi
Ou encore, celle qui est dénoncée par l'ONU, l'Europe, Amnesty international : hop.... dénonciation dont se foutent bien les politiques et leurs alliés pseudo-intellectuels qui appellent à rtirer à balles réelles sur leurs concitoyens et parquer les opposants dans des stades - mais non, mais non, nous ne sommes pas en dictature... toute ressemblance avec des régimes venus du passé est à bannir...
Exemple : ... ou ... 
Et je ne parle pas, dans cet article du crime dont nous, signataires de l'Affaire du Siècle, accusons l’État : inaction climatique... en fait, un mot gentil pour dire destruction systématique de la biodiversité au profit des pollueurs et des tueurs.

Alors, oui. Il y a des violences. Plein de violences, même. pas celles que les Pujadas et autres imbéciles montrent à la télé. Mais celles que nous subissons au quotidien, tou.te.s. Celles qui empêchent de se nourrir. Celles qui mutilent et qui tuent. Celles qui détruisent la terre. Celles qui dévorent les vies. celles qui incitent à la haine. Celles qui sont le fait de l’État français. 
Un état illégitime. Liberticide. Et meurtrier. 
Il y a quelques jours, Emmanuel macron félicitait son (ex) homologue algérien qui avait la sagesse de ne pas se représenter et de tenir compte de la volonté du peuple (article ici). il serait peut-être temps qu'il tiennt compte de la volonté des #GiletsJaunes, des #StylosRouges, des jeunes #OnEstPlusChaudqueeLeClimat, de tous ceux qui pensent qu' #IlEstEncoreTemps, des profs, des urgentistes, des Français en somme, et dégage pour de bon.
Parce que la vraie violence, c'est lui.


* Dans La République, Platon prône l'existence des castes : artisans, guerriers, politiques, et l'impossibilité pour un artisan de devenir guerrier par exemple. belle ouverture d'esprit... A son époque, il était déjà critiqué, entre autres par Aristote. Dans son traité sur l'éducation, et à plusieurs reprises, Kant parle de la nécessité d'uniformiser les jeunes dès leur plus jeune âge . Comme il était aussi partisan de l'inceste par rapport à l'onanisme, il semble évident qu'il faille prendre pas lmal de distance par rapport à ses propos.
Bisous, messieurs Ferry, Blanquer et Cie.

mardi 12 mars 2019

Dédicaces au Salon de Paris

Je serai en dédicace et table-ronde samedi et dimanche prochains, au Salon du Livre de Paris.
Voici mes horaires :

Samedi 16

11-13 heures, stand des éditions Mnémos : dédicaces de l'Archipel , de Jadis et de Shâhra 




14-16H, stand des éditions Scrinéo : dédicaces de Nos vies suspendues


Ensuite, vous pourrez me retrouver....



Dimanche 17
Table ronde sur la scène jeunesse de 13 à 14H, animée par Anne Clerc : Carte blanche, princesses rebelles, avec également Sandrine Beau,  Alice Brière-Haquet, Anne-Fleur Multon, Carole Trébor autour  La revanche des princesses (éd. Poulpe Fictions).

14H30-16H30, sur le stand de poulpe fictions : La revanche des princesses, en comapgnie des autres autrices du recueil.

17-18H, sur le stand de Gulf Stream éditeur : A Coeurs battants, Barricades, etc.




mardi 19 février 2019

COUPABLE!

... d'inaction climatique...
Je vous transmets le communiqué reçu ce matin par les porte-parole de l'Affaire du siècle.

Le gouvernement est enfin sorti du silence...

Après des semaines d’un silence assourdissant, et alors que plus de 2 millions de soutiens à l’Affaire du siècle ont fait entendre leur voix, le gouvernement s’est enfin exprimé.

… pour rejeter notre demande
Alors que nous l’appelions à un sursaut à la hauteur de l’urgence climatique, le gouvernement a tout bonnement rejeté notre demande : vendredi 15 février, il nous a indiqué que l’Etat n’est en aucune façon responsable des carences dont nous l’accusons. Voici la lettre qu’il adresse aux 2 millions de personnes qui comptaient sur lui.

… pour verdir son action
Le gouvernement assure que l’Etat ne peut être accusé d’”inaction climatique”, s’adossant à une dizaine de pages dans lesquelles il ne fait que verdir son bilan. Mais les faits sont têtus ! Tous les experts montrent que la France est sur la mauvaise trajectoire. Pire, les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse depuis 2015 et l’empreinte carbone de la France ne s’est pas améliorée depuis… 1995.

… et nous dire que c’est à nous de changer de comportement !
François de Rugy, Ministre de la Transition Écologique et Solidaire a, dans un tweet, appelé les Français et les Françaises à une “mobilisation collective” “autour de changements de comportements”... Voilà un argumentaire inquiétant qui éclipse la responsabilité majeure de l’État : les actions individuelles sont essentielles mais comment pourraient-elles suffire si l’Etat n’est pas exemplaire dans sa politique fiscale, favorise les entreprises polluantes, et subventionne les énergies fossiles ?


L’Etat français n’est pas à la hauteur ? Nous si !

Exigeons des actes forts
Nous avons établi 6 grandes mesures prioritaires qui pourraient permettre à la France de lutter contre les changements climatiques.

Rendez-vous au tribunal le 14 mars...
Face à l’attentisme du gouvernement, notre détermination est inchangée : pour mettre fin à l’inaction climatique de l’État, l’Affaire du siècle se réglera devant les tribunaux. Nous y déposerons le recours devant le tribunal administratif.


… et dans la rue le 16 mars
Le climat n’est pas une petite affaire : c’est l’affaire du siècle. Le gouvernement manque d’ambition ? Nous non ! Notre capacité collective à répondre à la crise climatique déterminera ni plus ni moins les conditions de la vie sur Terre. Le 16 mars, nous sommes résolus à porter notre voix et nos droits dans les rues, lors d’une mobilisation partout en France, pour mettre fin à l’injustice.

Continuez à parler de l’Affaire du siècle à votre entourage : encouragez vos proches à nous rejoindre en signant l’appel à soutien. Face à un gouvernement dans le déni, nous restons déterminés pour la justice climatique ! 

On peut soutenir le recours : ici!