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jeudi 19 juillet 2018

En ce moment





En ce moment, je suis très peu présente sur ce blog. Peut-être parce que la fièvre des articles est retombée... quand mes billets politiques ont été avalés par la machine infernale des fausses manips. Puis, en raison de soucis d'ordre plus personnels. Enfin, parce que je n'ai pas beaucoup de temps. 
Bref. Peu importe... Il continue d'exister, à un rythme plus lent, et c'est ce qui importe.

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En ce moment, j'écris un roman qui - au présent - qui s'interroge énormément sur le passé. Le passé vichyste de la France, l'antisémitisme et la déportation. C'est un sujet auquel je m'intéresse depuis très longtemps. L'adolescence, en fait. J'ai lu Le Journal d'Anne Frank, vu Shoah, pleuré - beaucoup. j'ai été hantée par ces images, par les témoignages tranquilles des tortionnaires nazis. j'ai lu, énormément. Vu. Et puis, avec le temps, je suis passée à autre chose. Mais toujours, je m'interrogeais, une part de moi, plutôt. Comment l'horreur a-t-elle été possible? Comment l'humain peut-il délibérément condamner, torturer, exterminer ? Comment le Mal est-il possible ? L'une des raisons pour lesquelles j'écris des romans historiques est, j'imagine, liée à cette recherche, cette tentative de comprendre - pourquoi, comment. 
Il y a quelques années, au moment du quinquennat ultra-sécuritaire de Sarkozy, je me suis de nouveau interrogée sur cette époque, et plus particulièrement sur la montée du nazisme : Histoire D'un Allemand, de S. Haffner, Rêver Sous le 3ème Reich de C. Beradt, Un Si fragile vernis d'humanité, de M. Terestchenko. 
Et puis, l'an dernier, des circonstances particulières ont fait que je m'y suis de nouveau - franchement - intéressée. Au point, donc, de proposer à l'une de mes éditrices un projet de roman...
Drancy. Source : ajpn

Depuis le début de l'été, donc, j'écris avec la nausée. Parce que je n'ai plus une approche émotionnelle (avec les tripes) mais politique - et probablement philosophique ou/et sociologique -  de ces années-là. Je lis Derniers témoins, de Svetlana Alexievitch, compilation de souvenirs rapportés par des enfants survivants de la région de Minsk, sur l'horreur insoutenable des crimes commis par les Allemands à l'époque. Le Journal d'Hélène Berr, avec ses fulgurances si modernes. 

"C'est toujours la même histoire de l'inspecteur de police qui a répondu à Mme Cohen, lorsque dans la nuit du 10 février, il est venu arrêter treize enfants à l'orphelina, dont l'aîné avait 13 ans et la plus jeune 5 (des enfants dont les parents étaient déportés ou disparus mais il en "fallait" pour compléter le convoi de mille du lendemain) :  "Que voulez-vous, madame, je fais mon devoir!"
Qu'on soit arrivé à concevoir le devoir comme une chose indépendante de la conscience , indépendante de la justice, de la bonté, de la charité, c'est là la preuve de l'inanité de notre prétendue civilisation."

Et puis, je suis allée au Mémorial de la Shoah. J'ai découvert que la France, au lieu d'accueillir les réfugiés chassés de leur pays par les persécutions, la montée du nazisme, des fascismes, les parquait dans des camps de détention. Des fois que ce soient des espions, hein...
En France, on savait. Et on se voilait la face, même parmi les minorités. En Angleterre, Churchill a laissé faire. On faisait aussi des campagnes de propagande à vomir, qui stigmatisaient "le Juif", avec son gros nez, sa grosse bouche, sa fausseté, etc. On devançait la volonté des Allemands. On déportait, on punissait ceux qui s'opposaient. 
un autre élément m'a frappée, c'est à quel point RIEN n'était dit sur les Tziganes, les personnes LGBT, également déportées et exterminées par le régime nazi. 

Le parallèle avec l'horreur que subissent au quotidien les réfugiés de guerre et de misère, ceux que les médias désignent par "les migrants", ceux qui sont stigmatisés par leur couleur de peau, leur âge, parce qu'ils viennent de "là-bas", parce qu'ils nous paraissent différents.. ce parallèle m'a sauté aux yeux. Et l'horreur du délit de solidarité - il a fallu que le conseil constitutionnel  l'invalide pour qu'il ne soit plus appliqué - et ces gamins que les policiers - qui font leur devoir, n'est-ce pas - arrêtent à la sortie du collège ou du lyucée, ceux que trump de l'autre côté de l'Atlantique juge sans avocats,. Et je me dis que rien n'a changé. Si, une chose : l'extermination n'a plus lieu en Europe. Elle a pour nom guerre, dictature, famine, épidémie, elle se passe AILLEURS et ce sont nos gouvernements qui financent, avec des armes, des petits arrangements minables. Et je me dis que si la Solution finale avait été mise en place aujourd'hui, tout le monde aurait su, mais pas un n'aurait survécu.
Et ça me donne vraiment la nausée.

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Update : autre raison d'avoir la nausée, lorsque Macron assiste à l'entrée de Simone Weil au Panthéon,  refuse d'inscrire le droit à L'IVG (pour lequel elle a fait voter une loi, je le rappelle) dans la constitution et plébiscite l'enfermement de réfugiés dans des camps.
#MacronDegage  
 




mardi 26 juin 2018

PAS D'AUTEURS, PAS DE LIVRE. PAS D'AUTEURS, PAS D'IMAGINAIRE FRANÇAIS.


"Autrice, c'est votre vrai métier?" 
"Vous avez un métier en dehors de votre passion pour l'écriture?" 
Derrière ces questions, un peu maladroite, un peu agaçantes (tout dépend de l'heure de la journée et du nombre de fois où elle a déjà été posée par d'autres élèves, dans d'autres classes), un questionnement sincère, qui montre combien il reste difficile dans notre culture d'associer "travail" et "passion" ou "écriture" et "profession"... 
Il y a dans les esprits cette croyance profondément ancrée qu'un travail, un vrai, c'est sérieux et que sérieux, c'est forcément pénible. Ou soigneux (cf. les reportages des chaînes régionales montrant des ébénistes, tailleurs de pierre et autres artisans rugueux). Mais certainement pas passionné, encore moins artistique. Les artistes sont des saltimbanques irréalistes qui vivent d'e champagne et d'eau fraîche... pas des gens sérieux. Et parmi eux, les écrivains sont les pires. Parce qu'"écrire, tout le monde peut le faire. "

La réalité, vous vous en doutez, est très différente.
Écrire, c'est tous les jours, 6 à 8H en moyenne, oublier (sauf quand on a des enfants) les congés scolaires et les jours de fête, se forcer à faire des pauses pour éviter le burn-out. C'est aussi flipper comme des malades pour payer les factures les "mois creux", négocier (avec plus ou moins de succès, parce que "tu comprends, nous aussi on a des problèmes..." ) des contrats, avoir toujours trois ou quatre projets à l'avance, faire des rencontres - scolaires, en médiathèque, en prison, etc. Et tout cela, pour des à-valoir (minimum garanti par l'éditeur) frisant trop souvent le ridicules et des droits allant de 0.60cents à 1 € par livre en moyenne (une fois le plafond dépassé). 
Et là, vous vous dites... C'est une profession ou un sacerdoce ? Parfois, on se le demande. En fait, la tendance actuelle  du gouvernement et de ses réformes, en dépit d'annonces pleines d'admiration et d'yeux pétillants pour le patrimoine culturel français,  irait plutôt vers le second choix. 
L’augmentation de la CSG n'est pas compensée, pour les auteurs.Aucune proposition concrète n'a été effectuée par la ministre. Le prélèvement à la source, lui, risque de piétiner la profession. 

"La rénovation du régime des artistes auteurs est un enjeu de la plus haute importance pour la vitalité créative et le rayonnement culturel de la France. Si la culture est véritablement enjeu de civilisation pour notre gouvernement et notre pays, il est temps de le prouver !"* Aujourd'hui, la ministre de la culture reçoit les associations et syndicats d'artistes auteurs pour discuter concrètement de la question. Espérons qu'un vrai plan d'action sortira de cette concertation. 

"Autrice, c'est votre seul métier?" 
Pour l'instant, je fais partie de celles et ceux qui peuvent dire : "Oui. Et, en dépit des galères, des riques, ça vaut le coup". Mais demain ? Dans deux ans ? Dans dix ans ? Je leur dirai quoi, à ces gamins ? Au-delà de la situation dramatique dans laquelle se trouve précipitée notre profession (avec, du bout des lèvres, enfin, un vague soutien du SNE... ), c'est un projet de monde carcéral qui est en train de se profiler. Un monde sans passion, sans rêve, sans imaginaire, sans rien. un monde gris.

Penser, réfléchir, rêver, apprendre, s'ouvrir, rire, pleurer... La culture et l'éducation sont les socles de la société. Un gouvernement qui s'y attaque, quelle que soit la méthode adoptée - en ce moment la réforme de l'université et l'asphyxie des artistes-auteurs, demain... - est une dictature en marche. 



 * (extrait d'un article sur le site #auteursencolere. Pour en savoir plus sur la situation des auteurs : https://www.auteursencolere.fr)

#auteursencolere #auteursendanger #payetonauteur
 



jeudi 14 juin 2018

Les Les Masques d'Azr'Khila (Shâhra - I) - Extrait 2

Tu sais, je n’étais ni la seule ni la plus douée. Au début, je ne comprenais pas pourquoi je n’étais pas mieux traitée que mes condisciples et j’ai perdu beaucoup de temps à bouder. Ensuite, ma nature double a rendu mon apprentissage plus compliqué. Je comprenais plus vite que les autres et ce, de manière intuitive. Alors les règles, les rituels, ça ne m’intéressait pas ! Je me suis assagie avec les années et, lorsqu’est venu le temps des ultimes épreuves, celles qui devaient faire de nous les gardiens des rites de notre peuple et de l’Équilibre entre le visible et l’invisible, entre les hommes et les dieux, j’étais prête. Et puis…
Arkhane s’interrompit. Yeshet posa une main noueuse sur son bras.
— Ce qui s’est passé… Cette violence, cette haine, me paraissent tellement irréelles ! poursuivit-elle d’une voix étranglée. J’ai le sentiment que c’était un cauchemar, ou que cela s’est produit il y a
très longtemps, qu’une autre que moi en a été victime. La seconde suivante, je cligne des yeux : je m’aperçois que je suis devenue aveugle et sourde à l’autre côté du monde ; je me prends de plein
fouet ce corps, cette blessure qui me rappelle ce qui m’a été arraché. Alors, j’ai le vertige, la nausée, je tombe en morceaux…
Le griot se saisit de la pipe accrochée à son cou, la bourra d’herbes sèches et l’alluma. Un mince filet de fumée s’éleva dans la nuit, s’y dispersa.
— Je ne suis plus personne, Yeshet, reprit-elle doucement. J’ai volé en éclats.
Le Nyambe la contempla un moment, puis chanta.

Tu es la mort et la vie o-oo
Sur le chemin
Ouvre les yeux et avance
Sur le chemin
Tu es la mort et la vie o-oo
Là-bas, tu retrouveras ton ombre o-oo-a-oo-a

samedi 9 juin 2018

Les Masques d'Azr'Khila (Shâhra - I) - Extrait

L’aube avait fui, laissant place à une lumière crue et à une chaleur étouffante. Même à l’abri des murs de sa chambre, Djiane transpirait, et chaque mouvement lui coûtait terriblement. Elle s’extirpa néanmoins de sa couche, effectua quelques étirements avant de se diriger, d’un pas décidé, vers les bains. Dans son dos, elle perçut les regards ennuyés de ses suivantes, contraintes de quitter le confort des méridiennes pour l’aider à se préparer. La jeune femme hésita : elle préférait se laver et s’habiller seule.
Toutefois, elle décida de les laisser la rejoindre, tant pour se venger de leur hypocrisie que pour se tenir au courant des derniers faits et gestes de sa belle-mère et de son insupportable fils. L’enfant, âgé d’un an à peine, se comportait déjà en tyran. Pour atteindre le hammam, il fallait traverser l’atrium, long d’une dizaine de qêben, avec la sensation de passer dans une fournaise.
Djiane poussa la double porte de bois noir incrusté de ferrures et pénétra dans une pièce éclairée par deux jours percés dans le plafond. Ses compagnes la rattrapèrent – plus vives qu’elle ne l’aurait cru. Sans doute la perspective de profiter de la douceur des parfums et de s’étourdir dans les volutes de vapeur.
— Samia, allume le poêle, ordonna Djiane.
Celle-ci, une fille aux étonnants yeux noirs, obéit. Mina, originaire d’un douar au sud d’Aïn Mên, se chargea de porter les seaux d’eau près du fourneau. Djiane attendit pour se déshabiller que Lenni, métisse nyambe aux traits fins, sorte de leur coffret de cuir le nécessaire de soins, savon noir, gants, huiles parfumées et brosse. Des fumerolles aux fragrances de miel envahirent peu à peu la salle. Assise sur un banc de pierre, Djiane s’aspergea d’eau chaude. Samia et Mina l’imitèrent. Lenni s’installa de l’autre côté de la source de chaleur, y versa de nouveau quelques gouttes d’essence de fleurs. Tout imprégnée encore de l’odeur de Riwan, de ses baisers, de ses paroles, Djiane ferma les yeux. Elle se rappela soudain les rimes de Lîla b’Rubya, la poétesse qui avait donné son nom à la rivière où elle s’était noyée.

Je voudrais prendre mon envol
Et m’enivrer de lumière
Alourdie par le poids des fers
Je demeure enchaînée au sol


lundi 28 mai 2018

Imaginales, le retour

De retour des imaginales, fatiguée mais heureuse de cette belle édition. Je garde des souvenirs de belles rencontres et retrouvailles, de tables rondes très intéressantes, d'une bulle du livre bondée - quatre jours de signatures non stop, c'était intense!... et suis ravie du bel accueil qui a été réservé à Shâhra : Les Masques d'Azr'Khila par le public... enfin, à la superbe couverture de Mélanie Delon, surtout! 

Ci-dessous, les liens vers les podcasts des deux premières  tables rondes auxquelles j'ai participé :

Épéistes et sabreurs : avec Ellen Kushner, table ronde animée par Anne besson. Hop

Toutes ces horreurs dans mes romans... : avec carina Rozenfeld, Roxane Dambre et carina Rozenfeld, table ronde animée par Valérie Lawson : Hip!

La suite devrait arrivée dans les prochains jours, je la mettrai en ligne et en lien surtout dès que possible. En attendant, je m'en vais rattraper le retard pris durant le festival. 


samedi 19 mai 2018

Imaginales

Je serai, comme chaque année, présente aux Imaginales du 24 au 27 mai. En plus des signatures et des tables rondes dont je vous livre le détail ci-dessous, j'aurai le plaisir de partager un déjeuner avec les lect-rice-eur.s qui le souhaitent le 25 mai à 13H... juste après le pot organisé par Lynks, la maison d'édition dans laquelle j'effectue de la direction d'ouvrage. 

Jeudi 24 mai, au magic idolize, à 18H.
Epéistes et autres sabreurs : la fantasy, parfois, ça pique!
J'interviendrai en compagnie d'Ellen Kushner, Lena Rémi-Kovach et la table ronde sera animée par Anne Besson.
*
Vendredi 25 mai, au magic deluxe, à 10H.
Toutes ces horreurs dans mes romans... ce n'est pas moi! 
J'interviendrai en compagnie de Carina Rozenfeld et Roxane dambre. La table ronde sera animée par Valérie Lawson.
A 12H15 aura lieu le pot organisé par les éditions Lynks, en compagnie de certains auteurs, d'Hicham et de Mathieu. Nous présenterons la maison et les romans à venir:)
A 13H, je déjeunerai donc avec ceux qui le souhaitent (sur inscription). Une expérience que j'avais adoré il y a quelques années, et que je suis très heureuse de réitérer.
*
Samedi 27 mai, au magic deluxe, à 13H.
Frankenstein a 200 ans... et c'est la créature des créatures.
J'y parlerai altérité, donc, avec Fabien Fernandez, Raphaël Eymery et Xavier Mauméjean. La table ronde sera animée par Natacha Vas-Deyres.
... au salon perdu, à 14H.
Romans historiques sur la 1ere Guerre mondiale.
Une table ronde avec Silène Edgar, Isabelle Fournie, Danielle Martinigol. Elle sera animée par jean-Claude Vantroyen. 





dimanche 13 mai 2018

Dans la mine le charbon n'est pas consulté*

Dans la mine, le charbon n'est pas consulté*. 
Matière première, uniforme et muette, on l'extrait, on la transforme, on la vide. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien d'elle. Alors, on la ferme, et on prospecte pour trouver une autre. Qu'on ouvre. Et qu'on exploite jusqu'à la lie. 
Dans le domaine du livre, l'auteur.trice n'est pas consulté.e. 
La différence, apparemment n'est évidente ni pour le ministère de la culture ni pour la tête du gouvernement, qui s'est empressé de créer des Assises du livre... sans auteurs  ( cf. l’article ici), et sans se donner la peine de répondre à l'invitation du Conseil permanent des Ecrivains aux Etats généraux du livre.
Je ne reviendrai pas ici sur cette question précise : je vous invite à vous renseigner sur le site de La Charte, à signer la pétition #auteursencolere et à la diffuser le plus largement possible. 
En revanche, je suis abasourdie par le silence des maisons d'éditions. A ma connaissance, cela avait déjà était peu ou prou le cas (à l'exception de Mnémos, de Lynks et d'Hélène Wadowski, directrice de Flammarion jeunesse, pour les questions de rémunération des auteur.trice.s au Salon de Paris, cf. ce lien). A l'époque (mars, ce n'est pas si loin), cela m'avait déjà perturbée.
Aujourd'hui,  cela me consterne.
Un.e auteur.trice peut être en désaccord avec son éditeur.trice sur son contrat, en négocier les conditions, etc. Mais ce qui est en jeu aujourd'hui n'a rien à voir.
Ce qui est en jeu aujourd'hui, ce ne sont ni les % de droits d'auteur, les conditions d'exploitation d'une œuvre, mais le statut social des auteurs et leur survie. Et, à moyen terme, celle des maisons d'éditions.
 Si les auteur.trice.s sont le charbon de la mine, les éditeur.trice.s sont les ouvrier.ère.s qui travaillent dans la mine. Même s'ils ont droit de parole (ou le pensent, car un droit muselé par la crainte ne l'est plus), ils ne sont pas si loin de Germinal. Et du chômage.

Pas de charbon, pas d'ouvrier.ère.  
Pas d'auteur.trice.s, pas de livres.






#auteursendanger #auteursencolere #pasdauteurspasdelivres #payetonauteur



*Merci à Bernard B.pour cette phrase, qui résume bien notre situation.











mercredi 9 mai 2018

#Auteursendanger

A 11 jours des Etats généraux du Livre, prévus le 22 mai prochain, et devant la situation extrêmement préoccupante des auteur-trice-s, je relaie ici un extrait du communiqué de La Charte ainsi que la lettre ouverte du conseil Permanent des Ecrivains, adressée ce jour au gouvernement. 

Je vous invite à la relayer le plus possible sur les réseaux avec les hashtags : #Payetonauteur #Auteursendanger
D'avance, merci. 


"Au 1er janvier 2019, des réformes vont complètement bouleverser notre régime actuel. Nous mesurons nos propos en disant qu'il s'agit là, pour tous les auteurs, d'une catastrophe sociale et culturelle annoncée. À ce jour, aucune concertation n'a eu lieu avec les décisionnaires de ces réformes et les associations d'auteur. Les auteurs sont tout simplement ignorés, en dépit d'un courrier daté du 27 septembre 2017 promettant une transparence des informations et un travail commun. Le Conseil Permanent des Écrivains a donc adressé une lettre ouverte au gouvernement.
Extrait du Communiqué de La Charte.




vendredi 4 mai 2018

Beaux et bons (kaloi k'agathoi)

Nous vivons dans une société dominée par un modèle patriarcal et utilitariste, dans lequel priment : les chiffres, une rationalité pseudo-scientifique mais rassurante et une bonne dose de cynisme. 
Pour être crédible, il faut  :
*être  de préférence un homme (cf. écarts de salaires, différences obtenues sur les contrats, etc.) ;
*s'armer d'une logique fondée sur des raisonnements "objectifs" et de mots tels que "réformes", "austérité", "profit", "statistiques", etc. (ce qui permet de parler de "dégraissage" humain, par exemple)
* détruire, se moquer, etc. pour exister tout ce qui évoque l'émotion (faiblesse), les sentiments (sensiblerie), la compassion (niaiserie), nature (petits oiseaux gnagnagna) etc.
Même si ce modèle  vacille, notamment grâce aux réseaux sociaux , les dégâts sont là : nous passons et perdons beaucoup de temps à nous justifier et à nous excuser de ressentir - joie, peine, amour, attendrissement, etc. 
Les "bons sentiments", ce n'est pas mal. C'est plutôt beau, en fait. Et même si - là, vous voyez, par atavisme, je commence à me justifier - ça ne fait pas des nœuds au cerveau, ça n'est pas grave. 
Ce qui l'est beaucoup plus, à mon sens,  c'est de s'amputer d'une partie de soi-même au prétexte que c'est... quoi au juste ?
*une preuve de faiblesse : seules les femmes (et les enfants) pleurent (conditionnement sexiste);
* irrationnel, donc subjectif (une émotion ne serait donc pas juste, parce que ressentie ; un jugement le serait, parce qu'il serait... édicté... par une personne ?)
* un signe de mollesse (bon, là, on est chez les grecs anciens, et on nage en plein sexisme- la femme est molle, l'homme fier et guerrier, dixit Homère, Platon et les autres).
Vous voyez où je veux en venir, là ? Ben oui, au fait qu'il est grand temps de lâcher ce p... de modèle hérité du pire des Lumières et développé dans l'allégresse du code Napoléon et l'esclavage ouvrier des mines, de respirer un grand coup et d'OSER.
OSER aimer. 
OSER pleurer.
OSER ressentir - les beaux et bons sentiments (joies, peines, allégresses, etc.).

Ca, c'est prendre un vrai risque. Et c'est un véritable acte de courage.  



Un grand merci à Bertrand, qui m'a inspiré cet article. glee & cats forever!

lundi 16 avril 2018

Dignité, humanité...


J’avais écrit un article dont j’étais extrêmement fière, au moment du second tour des présidentielles : j’y comparais Marine à  la sorcière du placard à balais et Jupiter à un simple cadenas qui servirait à fermer le placard,  certainement pas à détruire ladite sorcière. L’article a été détruit par une fausse manip. Et, à la réflexion, je me trompais un peu. Parce que Jupiter fait alliance avec la sorcière (nouvelle loi sur l’immigration) et s’en fout du moment que ça lui rapporte.
Bref.
Il y a quand même une constante à tout cela : on utilise les mêmes ruses « tous contre l’épouvantail FN » pour faire passer le pire : oui, je pense sincèrement que ce qui se passe aujourd’hui est au moins aussi grave que ce qui se serait passé si… (Cela aurait été très violent, c’est clair mais les gens se seraient bougés en masse) pourquoi ? Parce qu’on perd tout, en ce moment et je ne parle pas ici de privilèges – les vrais, les seuls, ce sont les très riches, les proches du pouvoir, les B. Arnault et autres qui les ont, pas les cheminots –, mais de tout ce qui a été acquis en termes de droit à vivre dignement : alors, oui, bien sûr « on a de la chance de vivre en France et pas ailleurs… », on finit par ne plus en avoir tant que ça, vous savez ? Surtout quand on suit les pires modèles de nos voisins d’Europe et d’ailleurs : par exemple, la privatisation des chemins de fer, qui va coûter une blinde et ne va rien arranger (éventuellement, mettre les employés des rails au chômage).
Penser que la modernisation, les réformes « nécessaires » (mais ça fait 30 ans qu’on nous serine la même chose, généralement dans la bouche d’experts invités au JT, toujours les mêmes, seuls la coiffure change, qui sont juste la voix de leur maître), c’est toujours aller vers le pire,  c’est aberrant. Moins de droits, pas de sécurité sociale (ben y en a qui profitent… mais non, en fait, faut arrêter de croire ces conneries, « il y en a forcément qui », mais on n’est pas dans une classe de maternelle où tous les élèves sont punis parce qu’il y en a un qui a dit un gros mot, que je sache… on est en République, pour autant que cela ait encore un sens), travailler sans pause, sans droit (y en a 15 qui attendent pour avoir ton poste, c’est déjà une chance de travailler), ce n’est pas de la modernisation ni de la modernité.
C’est un retour en arrière.
Un énorme retour en arrière.
Après les « sans dents » de Hollande, « ceux qui ne sont rien » de Macron ? La réalité est contenue dans ces quelques mots, chargés de mépris. Et il ne faut pas croire que ces « sans dents », « ceux qui ne sont rien », ce sont les chômeurs (qui ne veulent pas bosser c’est bien connu), les cheminots, ou tous ceux qui font des boulots jugés indignes par les autres (genre homme ou femme de ménage, etc.). Ceux qui ne sont rien, les sans dents, c’est vous, c’est moi, en kg de force de travail (comme on parle de viande sur pattes pour le bétail élevé dans l’industrie).
Nous ne sommes riens, parce que nous ne sommes pas humains.
Et c’est ce retour en arrière qui est extrêmement dangereux, parce qu’il nous dépouille de notre dignité et parce qu’il nous apprend à en dépouiller les autres.
Réfléchissons deux minutes à cela.
A ce que nous volent « ceux qui sont tout », les « trop de dents »…
Au lieu de rentrer dans leur jeu, peut-être serait-il temps de nous réveiller et de penser à récupérer l’estime, la dignité et l’humanité qu’ils nous arrachent ?

#OnVautMieuxQueCa
  



mercredi 11 avril 2018

I'm back

Voilà. Tout est dans le titre.
Ce n'est pas encore le grand soleil, mais les nuages de plomb sont partis et le ciel redevient bleu. 
Je ne garantis pas un article par jour (mais y en a un qui mijote, là...) mais j'espère être plus présente dans les semaines à venir sur les réseaux et "en chair et n os". 
J'ai été contrainte d'annuler des rencontres (Vannes, Le Mans), des salons (Luçon) et j'en suis vraiment vraiment vraiment  désolée . Du coup, je crois que ma prochaine "apparition publique" sera aux Imaginales d’Épinal, avec un nouveau roman : Les Masques d'Azr'Khila (Shahra, T1), aux éditions Mnémos. 
https://cdn-images-1.medium.com/max/1600/1*nfz-a_ElILScVxB2m2VFpQ.jpeg 

Pour en savoir plus : cliquez!

#fantasy #Imaginales

mardi 27 mars 2018

Contretemps

Suite à des soucis d'ordre personnel, je n'ai plus beaucoup de temps pour poster des articles sur ce blog et je suis également contrainte d'annuler des rencontres ou ma présence dans certains salons (Vannes, Luçon). J'en suis désolée. J'espère retrouver bientôt un rythme plus régulier sur ce blog, en attendant je vous laisse avec un poème de ma chouchoute.

Dans l’azur de l’avril, dans le gris de l’automne,
Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.
Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,
Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.
Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne,
Son feuillage murmure et frémit en rêvant,
Et s’incline, amoureux des roses du Levant.
Le tremble porte au front une pâle couronne.
Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,
S’effile le bouleau dont l’ivoire changeant
Projette des pâleurs aux ombres incertaines.
Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,
Et des acacias aux verdures lointaines
Tombe divinement la neige des parfums.

Les arbres, Renée Vivien

mercredi 14 mars 2018

Un pont entre les genres

Un long silence, depuis mon dernier passage. Entre-deux, le mouvement #PayeTonAuteur, initié par La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et le SNAC BD a réussi à faire plier le son LivreParis, qui rémunérera tous les intervenants pour leur participation à des tables rondes. Belle victoire, quand on sait à quel point la situation de nos professions (écrivain-e-s, dessinateur-trice-s, scénaristes, etc.) est précaire. Non, la participation à un salon, à des débats, conférences, etc. n'est pas de la promotion. C'est un travail. 
Mais ce n'était pas de cela dont je souhaitais parler dans cet article. 
C'était de la littérature dite "young adult". Considérée il y a quelques années comme un épiphénomène marketing, ce genre plurivoque explose auprès du public, au point que le même Livre Paris lui consacre une scène. On regrettera juste l'absence de deux collections emblématiques du genre, y compris dans les conférences réservées aux professionnels, celle d'Exprim (Sarbacane) qui existe depuis 11 ans maintenant et affiche depuis ses débuts sa youngadultittude et celle de la plus jeune Electrogène (Gulf Stream éditeur), qui propose des récits forts, originaux, dès 15 ans...

Pour la peine...
 

Voilà. Je me sens mieux.
Pour l'autrice que je suis, le young adult, c'est une littérature d'exploration, d'expérimentation, de respiration : un pont entre les différents genres, parce qu'on peut y trouver de la fantasy, du réalisme noir, de la poésie, etc.un pont entre les âges, parce qu'ils s'adresse aussi bien aux adolescents qu'aux adultes, s'affranchissant de certains codes qui enferment à la fois la littérature dite adulte et celle destinée aux plus jeunes. 
On me dit cependant que "le young adult ne se vend pas", que "les libraires ne savent pas où le placer". Au hasard ? Detroit, vous pouvez le mettre au rayon polar, au rayon ado.  Songe à la douceur trouvera aussi bien sa place chez les ados qu'en littérature générale. Encore un peu d'aide ? En continuant avec les mêmes ? Bloc de haine, de Philippe Arnaut: rayon ado, rayon société (comment devient-on facho)? Celle qui venait des plaines, mon petit dernier ? rayon ado, toujours. Et rayon "western" ou "histoire".  
Je trouve extrêmement triste qu'en France, on continue à compartimenter à ce point les genres, à catégoriser, juger au lieu de considérer cet hybride aux multiples facettes qu'est le young adult comme une merveilleuse opportunité de partage entre les lecteurs et de créer des ponts entre les multiples pays de la littérature, voire d'en abolir les frontières. 

#YoungAdult #Exprim #Electrogene

 

dimanche 11 février 2018

Rien ne se perd...

Il y a quelque temps, enfin, quelques mois, j'ai eu l'idée d'un roman graphique retraçant, sur un mode onirique, la vie d'une poétesse que j'adore. L'idée s'est métamorphosée en OVNI - toujours sur le mode roman graphique et l'idée prenait doucement forme, avec dessinatrice à la clef. Comme l'année 2017 aura été celle du chaos, le projet n'a pas vu le jour et après quelques coups de sonde à droite à gauche, (pas très insistants, parce que je suis un peu timide et surtout que j'ai besoin d'avoir confiance en l'autre pour travailler), l'idée farfelue de tout gérer moi-même (et là, je me suis rappelée que j'ai quand même vachement de progrès à faire en dessin et surtout que je veux que cela reste un PLAISIR), j'ai eu l'illumination : et si je transformais tout ça en roman ? Oui, mais quel genre ? Eh bien, il y aurait peut-être une histoire de réincarnation, de possession, ou ce serait simplement une transposition... pour le moment, je ne me suis pas encore décidée et je planche dessus - tout ce que je peux dire, c'est que c'est du roman ado/ YA. 
Dans la série, rien ne se perd... Il y a trois ans, j'ai eu l'idée d'un roman mêlant romance et sauvegarde des animaux. L'idée a plu, mais il y a eu des "hics" et le projet est parti non pas aux oubliettes mais dans les tiroirs de mon ordinateur. Et il y a quelques jours, illumination! Décidément... Et si j'en faisais un projets de roman pour ado, mêlant aventures, écologie et sentiments ? 
Certaines idées, absolument trop géniales qui déchirent tout sur le moment font flop une fois que leur moment est passé; d'autres, bien au contraire, mûrissent et se transforment, rebondissant sur des échecs pour devenir meilleures. 
Ces idées-là font du bien, et permettent de continuer à avancer - et de croire en soi - dans le métier d'aut.rice.eur !
J'aime bien me dire que que la matière de l'esprit et de l'imagination, se métamorphose  sans cesse,  il y a là quelque chose de lumineux (ou d'ovidien). Et de rassurant...


 (pourquoi Yoda ? je ne sais pas. )

Sur ces brèves réflexions (de l'importance d'apprendre de ses erreurs, de ne pas se laisser engluer, etc.), je laisse les derniers mots à Renée Vivien :

Emporte les douleurs au loin, d’un grand coup d’aile,
Afin que le bonheur éclate, triomphal,
Dans nos cœurs où l’orgueil divin se renouvelle,
Tournés vers le soleil, les chants et l’idéal ! 
("Aurore sur la mer", Études et préludes)

dimanche 14 janvier 2018

Chanson pour Winona



J'avais écrit cette chanson, pensant à l'intégrer à Celle Qui venait des plaines, et puis j'ai complètement oublié. Je l'ai retrouvée en cherchant un texte qui n'a rien à voir. Du coup, je la publie ici. L'air qui lui correspond (les paoles comptent a priori le même nombre de pieds que la chanson originale) est celui de Home On the Range.



Highs Plains Lady

Out from nowhere in the deep of winter

Rides in the wind and the swirling snow

A fierce figure of a woman on her horse

Wild and deadly she comes for vengeance



Fear, fear the high plains lady

Rides in the wind and the swirling snow

A fierce figure of a woman on her horse

Wild and deadly she comes for vengeance



The one she loved once is now her worst foe

Tried to hang her from a lon’some tree

She survived and swore her stern ancestors

To get revenge and to counting coup


Fear, fear the high plains lady

Rides in the wind and the swirling snow

A fierce figure of a woman on her horse

Wild and deadly she comes for vengeance


She found him in winter just ten years later

He thought at a ghost then tried to flee

Flowing from the night a wild wind grappled him

Harsh and stern the lady shooted him dead



Fear, fear the high plains lady

Rides in the wind and the swirling snow

A fierce figure of a woman on her horse

Wild and deadly she comes for vengeance