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jeudi 13 septembre 2018

Dictionnaire de la Fantasy

Le 4 octobre prochain paraît, aux éditions Vendémiaire, le Dictionnaire de la Fantasy, dirigé par Anne Besson, qui a eu la gentillesse de m'inviter à y participer. En voici, ci-dessous, la présentation.




ISBN : 978-2-36358-315-4 Prix : 28 €
448 pages

De la magie, des chevaliers, des elfes, des mondes disparus, des dragons, des barbares, des nains, des fées, des orques…
Du Seigneur des Anneaux à Harry Potter, la fantasy semble avoir conquis toutes les formes artistiques et ludiques : bande dessinée, illustration, cinéma, séries avec Game of Thrones, littérature, jeux vidéo avec World of Warcraft, jeux de rôle avec Donjons & Dragons
En plus d’une centaine d’entrées, ce dictionnaire dévoile, pour la première fois, tous les secrets de ce genre majeur de l’imaginaire, en explorant les déclinaisons voisines (fantastique, gothique, science-fiction, steampunk…), les grands questionnements, tous très actuels (impératif écologique, rapport à la violence et à l’ordre, visions du passé collectif…), et les principaux auteurs (Robert Howard, J.R.R. Tolkien, Lord Dunsany, T.H. White, Terry Pratchett ou George R.R. Martin).

Il sera disponible dans toutes les bonnes librairies. 





mercredi 12 septembre 2018

#nousvoulonsdescoquelicots


Nous voulons des coquelicots

 

Appel des 100 pour l’interdiction de tous les pesticides

Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.
Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.
Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides* en France. Assez de discours, des actes.
*de synthèse


Le lien pour signer l'appel :  ICI

Le site :  .

Partagez. Diffusez. Hashtaguez.

#nousvoulonsdescoquelicots

lundi 10 septembre 2018

Le temps de l'édition

Pour une fois, je ne parlerai pas de mon métier du point de vue de l'écriture, mais de celui de la direction littéraire. Bref. De la directrice de collection  que je suis  - et de l'importance d'un vrai travail d'éditeur.trice. 
J'ai commencé la direction littéraire avec des anthologies, dans la collection "pueblos" de CDS éditions (des recueils dont les droits étaient reversés à des associations). Il y a eu également Plumes de chats (droits reversés à SAUVE), Coeurs de loups aux défuntes éditions du Riez et plus récemment, Mon Cheval, mon espoir (droits reversés à Cheval Vie), chez Rageot.  Dans l'ensemble, ces anthologies ont été de très belles expériences. Assez belles, en tous cas, pour me donner envie de franchir le cap de la direction d'ouvrage. Chose faite chez Lynks. J'ai eu le plaisir de lire et travailler avec les auteurs de 7 romans (8, en comptant le prochain, à paraître en janvier). 

Certains textes ne demandent pas beaucoup d'investissement, d'autres en exigent bien plus. Ce qui n'a rien à voir avec la qualité  de leurs auteurs - c'est comme ça, voilà tout. Ce travail d'édition demande du temps et de l'énergie. un texte impeccable, sans faute, sans maladresse de fond du premier coup, même juste en discussion, ça n'existe pas. Un.e bon.ne éditeur.trice doit pouvoir consacrer du temps à chacun des textes qu'il suit (temps qu'on ne lui laisse pas forcément, mais ceci est une autre histoire). 





Aujourd'hui, le statut de directeur.trice de collection, remis en cause aujourd'hui, de façon unilatérale et injuste, a de quoi faire bondir. Certains avancent que les directeurs.trices de collection prennent des droits sur ceux des auteurs. Ben... En fait, non. Certains le font peut-être mais c'est une minorité - malhonnête (le seul exemple que j'ai, d'ailleurs, prenait un pourcentage aux auteurs sans se donner la peine de travailler les textes avec eux). Il me semble d'ailleurs que les agents littéraires prennent, eux, 10 à 15% sur les droits des auteurs. Je conclue ce billet en citant l'article d'ActuaLitté : 

« Croire que les maisons vont toutes et tous nous engager à compter du 1er janvier, c’est un leurre total : la bureaucratie vit sur un nuage au monde des Bisounours. Et quand bien même ce serait possible, tout le monde ne souhaite pas devenir salarié : l’indépendance est aussi un choix. Mais avant de détruire un statut, il aurait été intelligent d’en créer un autre », nous avoue une directrice aux multiples casquettes.

 Je pense que la bureaucratie se fout des Bisounours et de nous, encore plus. Et des auteurs, des livres, je ne vous dis même pas... 



mardi 21 août 2018

HIVER INDIEN

Hiver Indien est un projet que Stéphanie Rubini et moi avons initié en 2013. Un projet qui nous tenait particulièrement à cœur, parce qu'il parlait de confiance en soi et de musique, de ponts entre les âmes et les âges, de famille et de blessures, de choix, aussi. Ce projet, nous l'avons envoyé à de nombreux éditeurs de BD/ Romans graphiques. Avec des réponses allant du "OK. Bien reçu."... au "Trop jeunesse" "Intéressant, mais je ne le vois pas dans mon catalogue". Nous avons finalement eu un contact avec une éditrice, dans une belle maison d'édition(BME). Et travaillé comme des malades (enfin, surtout Stéphanie) à coups de : "Ca y est..." "En fait, presque, il manque un petit truc..." "Voilà, c'est bon on parle chiffres ?" "Ou pas, enfin, on attend un peu..." L'éditrice de la BME nous a fait mariner près d'un an, pour finalement terminer par un "En fait, non..." dont les justifications étaient d'une grande médiocrité...

 Voilà. Une fois cette triste histoire oubliée, Stéphanie et moi sommes passées à autre chose. Avec bien les boules quand même. Mais entre deux, on avait publié :

... et gagné pleins de prix avec :


C'est pour ça que lorsque Sophie Chédru, des éditions Marabulles, nous a contactées fin 2016 pour savoir si, par hasard, notre projet était toujours dispo, nous avons d'abord un peu halluciné... 


... Sauf que ce n'était ni un piège ni une hallucination.Sophie croyait VRAIMENT en ce projet, au dessin de Stéphanie, à mon  scénario. Nous avons signé un contrat quelques semaines plus tard. Et voilà. Demain, c'est le grand jour. Ce projet de longue haleine devient enfin réalité.


Une famille ordinaire, avec ses rancœurs, ses non-dits. Jeanne et Sophie, les deux aînées, ont souffert de la préférence de leur mère pour leur frêre, Stéphane. Celui-ci, la quarantaine, est un peu paumé, se laisse écraser par ses aînées. Malheureusement, cela rejaillit sur sa fille Manon. L’adolescente, mal dans sa peau, est la cible favorite de ses tantes et de ses cousins, qui ne lui laissent aucune chance de trouver sa place parmi eux.
L’arrivée pour le réveillon, de Nadia, marraine prodigue exilée à New-York, brise ce schéma. Nadia est une violoncelliste de renom, Manon prend des cours de piano. Entre la vieille dame et l’adolescente naît une relation singulière, presque fusionnelle, dont la musique est le médiateur...

Disponible, dès demain, dans toutes les librairies! 

#HiverIndien #Musique #Marabulles #Trac

jeudi 9 août 2018

Là Où tombent les anges... Le retour!

Vous le connaissiez comme ça :



Le voici comme ça :



Aujourd'hui, Là où tombent les anges sort officiellement en poche... A cette occasion, je ne résiste pas au plaisir de vous remettre la bande-annonce en lien (si si, et vous allez avoir l'air dans la tête toute la journée... 



#GulfStreamEditeur #Electrogène #livredepochejeunesse

vendredi 27 juillet 2018

Que peut-on faire ?

La planète s'enflamme, partout des drames, même  dans le Nord,
 Les forêts s'embrasent, faut croire que les climatosceptiques ont tort
Alerte canicule, alerte respiration, super sujets pour la télévision,
Super occase pour la RATP qui vend des forfaits pollution
Y a pas de petit profits, tu vois, ils ont tout compris,
Savent culpabiliser le chaland et le pomper jusqu'à la lie,
Lui faire croire qu'il agit quand il engraisse les actionnaires,
L'obliger à se résigner, à se contenter du peu d'air
Qu'on lui permet de respirer  - pourvu qu'il paye, c'est évident!
Que peut-on faire ? Ça vaut le coup ? On a encore le temps ?
Faudrait ouvrir les yeux et déchirer le voile de la morosité
Que nous imposent les diktats d'une société lobotomisée.
Les EHPAD sont fermés, on condamne ENCORE pour solidarité;
Benalla tabasse, usurpe, menace, dirige en toute impunité;
Les ministres fantoches se plient devant la seule volonté
D'un chef d'état mégalo, pourri par le pouvoir et l'avidité.
Que peux-tu faire ? Ça vaut le coup ? Tu a encore le temps ?
Du temps, je ne sais pas trop au vu de ce qui se passe
La sixième extinction est en route, c'est le glas du vivant,
Mais si tu veux continuer à te regarder dans la glace,
Ça vaut le coup, je crois, de te bouger un peu et d'oser
Des lendemains meilleurs, de prendre le risque de piocher
Dans l'irréalisme dont se gargarisent les faux experts
Economiques des chaînes télévisées, dont les mots délétères
Empoisonnent les espoirs et la bienveillance  des spectateurs.
Tu peux le faire, ça vaut le coup, redresser les épaules, avancer,
Lire les programmes électoraux - ben oui! - sans te laisser influencer
Par des journalistes aux ordres d'une majorité qui se fout bien
De l'état du monde et de ton bonheur vu qu''elle ne s'intéresse qu'au sien.

#insoumise #macrondegage #ouvronslesyeux

 

mercredi 25 juillet 2018

Drôle de corps

Ce billet ne sera pas politique. Ni social. Enfin, si, peut-être, un peu. Mais pas sociologique. plutôt de l'ordre de l'intime, en fait. Voilà, je suis maladroite (et étourdie). Je suis tout à fait capable de passer plusieurs jours sans casser quelque chose, je suis à ma grande surprise capable de marcher sur hauts talons sans me tordre la cheville, mais si je me perds dans mes pensées ou que je susi sous l'effet du stress, c'est juste la catastrophe : je tombe, je casse, ou je me paralyse - genre, comme si mon cerveau se mettait en mode "off" - il n'y a plus personne, merci, au revoir. Ce phénomène de "trou noir", forme de trac tout à fait classique, m'a valu quelques déconvenues scolaires, mais ce n'est pas le propos. Le propos, c'est ce drôle de corps qui n'a toujours pas compris que les angles étaient droits, que la gauche et la droite correspondaient à des directions, que les pieds ne sont pas forcés de s'emmêler si je réfléchis à un truc en même temps que je marche... 
Bref. 
J'adore danser. Genre, tango, flamenco, valse. Le problème, c'est que je suis incapable de reproduire les mouvements que l'on m'enseigne. Mon corps et mon cerveau sont complètement dissociés - j'ai le souvenir absolument affreux de cours en groupe, face à un miroir, où tout le monde arrive à reproduire les gestes de la prof, alors que je suis décalée, à côté, à contretemps ou à l'envers. 
A cheval, je rencontre des difficultés assez similaires. Jusqu'à ce matin, - parce que j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de voir comment dépasser ça - j'étais persuadée d'être juste "pas douée", un peu "décalée", assez ridicule parfois et pas très à l'aise en dépit de l'absolue conviction d'être à ma place dès lors que je suis avec eux (les chevaux). Avec Keyrann, je ne me suis jamais posé de questions, parce que nous avons essentiellement été à l'extérieur, , parce qu'en milieu naturel, randonnée, etc. il n'y a pas d'angles (et puis tout devient un jeu, hop la branche de l'olivier, hop les zigzags entre les arbres). Avec Shen, que j'ai d'abord du travailler à pied, je passe mon temps à m'interroger et douter. Comme j'ai deux mains gauches, j'ai utilisé d'autres outils avec lui (stick plutôt que corde, travail en liberté plutôt que longé)  et progressivement j'ai essayé de réduire le plus possible mes déplacements, mes gestes - même si c'est parfois compliqué - pour le moins désordonnés. Shen est capable, quand on travaille ensemble, dans un environnement calme ou maîtrisé, de répondre à des très légères sollicitations. Mais s'il y a de nouveaux apprentissages, et dans des conditions inhabituelles, c'est la cata - je panique, il panique, on stresse, et c'est n'importe quoi. Le souci, c'est que sachant cela, et anticipant mes propres incapacités, je suis déjà en perte de repères, et donc de coordination - et, en conséquence, de confiance en moi. Dans ces cas-là, je sais que je suis aussi fermée que lui, aussi hermétique à ce qu'on peut me dire que lui... et c'est par une personne extérieure que peut venir la solution parce que je n'ai plus du tout de moyens. Objectivement, c'est rageant, de rêver de faire des trucs et de s'en rendre compte qu'on en est incapable.
Bref, ce matin, de bonne heure, je décide de chercher des méthodes pour travailler sa coordination. Je me dis même qu'en kinésiologie, ça doit être possible. J'entre donc "maladresse", "problèmes de coordination" dans les moteurs de recherche et je tombe sur : ce lien, celui-ci, et celui-là, etc. (j'ai repéré aussi pas mal de trucs liés à l'hypersensibilité et à la douance, mais ce n'est pas le sujet, enfin, pas exactement...)
Dyspraxique, moi ? 
"Plusieurs signes permettent de reconnaître une dyspraxie :
- mauvaise coordination des gestes volontaires
- maladresse
- difficultés à s’orienter dans l’espace (sens de l'orientation, droite et gauche, etc.)
- difficultés à dessiner et à écrire
- difficultés à utiliser des objets (ciseaux, règle, compas…)
- difficultés à réaliser des puzzles et des jeux de construction
- fatigue lors de l’apprentissage de nouveaux gestes" (si on remplace par stress, ça fonctionne)
Bien sûr, je suis "rêveuse", "distraite", etc. Mais franchement... Ça m'a fait tilt. Bien sûr, je vais  "faire des efforts", "m'entraîner", etc. Mais maintenant que je sais comment, pourquoi, je me dis surtout que je vais pouvoir le faire de la bonne manière, pas en essayant de reproduire l'impossible sans me donner le temps et en me traitant de nulle parce que je n'y arrive pas.  







jeudi 19 juillet 2018

En ce moment





En ce moment, je suis très peu présente sur ce blog. Peut-être parce que la fièvre des articles est retombée... quand mes billets politiques ont été avalés par la machine infernale des fausses manips. Puis, en raison de soucis d'ordre plus personnels. Enfin, parce que je n'ai pas beaucoup de temps. 
Bref. Peu importe... Il continue d'exister, à un rythme plus lent, et c'est ce qui importe.

+

En ce moment, j'écris un roman qui - au présent - qui s'interroge énormément sur le passé. Le passé vichyste de la France, l'antisémitisme et la déportation. C'est un sujet auquel je m'intéresse depuis très longtemps. L'adolescence, en fait. J'ai lu Le Journal d'Anne Frank, vu Shoah, pleuré - beaucoup. j'ai été hantée par ces images, par les témoignages tranquilles des tortionnaires nazis. j'ai lu, énormément. Vu. Et puis, avec le temps, je suis passée à autre chose. Mais toujours, je m'interrogeais, une part de moi, plutôt. Comment l'horreur a-t-elle été possible? Comment l'humain peut-il délibérément condamner, torturer, exterminer ? Comment le Mal est-il possible ? L'une des raisons pour lesquelles j'écris des romans historiques est, j'imagine, liée à cette recherche, cette tentative de comprendre - pourquoi, comment. 
Il y a quelques années, au moment du quinquennat ultra-sécuritaire de Sarkozy, je me suis de nouveau interrogée sur cette époque, et plus particulièrement sur la montée du nazisme : Histoire D'un Allemand, de S. Haffner, Rêver Sous le 3ème Reich de C. Beradt, Un Si fragile vernis d'humanité, de M. Terestchenko. 
Et puis, l'an dernier, des circonstances particulières ont fait que je m'y suis de nouveau - franchement - intéressée. Au point, donc, de proposer à l'une de mes éditrices un projet de roman...
Drancy. Source : ajpn

Depuis le début de l'été, donc, j'écris avec la nausée. Parce que je n'ai plus une approche émotionnelle (avec les tripes) mais politique - et probablement philosophique ou/et sociologique -  de ces années-là. Je lis Derniers témoins, de Svetlana Alexievitch, compilation de souvenirs rapportés par des enfants survivants de la région de Minsk, sur l'horreur insoutenable des crimes commis par les Allemands à l'époque. Le Journal d'Hélène Berr, avec ses fulgurances si modernes. 

"C'est toujours la même histoire de l'inspecteur de police qui a répondu à Mme Cohen, lorsque dans la nuit du 10 février, il est venu arrêter treize enfants à l'orphelina, dont l'aîné avait 13 ans et la plus jeune 5 (des enfants dont les parents étaient déportés ou disparus mais il en "fallait" pour compléter le convoi de mille du lendemain) :  "Que voulez-vous, madame, je fais mon devoir!"
Qu'on soit arrivé à concevoir le devoir comme une chose indépendante de la conscience , indépendante de la justice, de la bonté, de la charité, c'est là la preuve de l'inanité de notre prétendue civilisation."

Et puis, je suis allée au Mémorial de la Shoah. J'ai découvert que la France, au lieu d'accueillir les réfugiés chassés de leur pays par les persécutions, la montée du nazisme, des fascismes, les parquait dans des camps de détention. Des fois que ce soient des espions, hein...
En France, on savait. Et on se voilait la face, même parmi les minorités. En Angleterre, Churchill a laissé faire. On faisait aussi des campagnes de propagande à vomir, qui stigmatisaient "le Juif", avec son gros nez, sa grosse bouche, sa fausseté, etc. On devançait la volonté des Allemands. On déportait, on punissait ceux qui s'opposaient. 
un autre élément m'a frappée, c'est à quel point RIEN n'était dit sur les Tziganes, les personnes LGBT, également déportées et exterminées par le régime nazi. 

Le parallèle avec l'horreur que subissent au quotidien les réfugiés de guerre et de misère, ceux que les médias désignent par "les migrants", ceux qui sont stigmatisés par leur couleur de peau, leur âge, parce qu'ils viennent de "là-bas", parce qu'ils nous paraissent différents.. ce parallèle m'a sauté aux yeux. Et l'horreur du délit de solidarité - il a fallu que le conseil constitutionnel  l'invalide pour qu'il ne soit plus appliqué - et ces gamins que les policiers - qui font leur devoir, n'est-ce pas - arrêtent à la sortie du collège ou du lyucée, ceux que trump de l'autre côté de l'Atlantique juge sans avocats,. Et je me dis que rien n'a changé. Si, une chose : l'extermination n'a plus lieu en Europe. Elle a pour nom guerre, dictature, famine, épidémie, elle se passe AILLEURS et ce sont nos gouvernements qui financent, avec des armes, des petits arrangements minables. Et je me dis que si la Solution finale avait été mise en place aujourd'hui, tout le monde aurait su, mais pas un n'aurait survécu.
Et ça me donne vraiment la nausée.

+

Update : autre raison d'avoir la nausée, lorsque Macron assiste à l'entrée de Simone Weil au Panthéon,  refuse d'inscrire le droit à L'IVG (pour lequel elle a fait voter une loi, je le rappelle) dans la constitution et plébiscite l'enfermement de réfugiés dans des camps.
#MacronDegage  
 




mardi 26 juin 2018

PAS D'AUTEURS, PAS DE LIVRE. PAS D'AUTEURS, PAS D'IMAGINAIRE FRANÇAIS.


"Autrice, c'est votre vrai métier?" 
"Vous avez un métier en dehors de votre passion pour l'écriture?" 
Derrière ces questions, un peu maladroite, un peu agaçantes (tout dépend de l'heure de la journée et du nombre de fois où elle a déjà été posée par d'autres élèves, dans d'autres classes), un questionnement sincère, qui montre combien il reste difficile dans notre culture d'associer "travail" et "passion" ou "écriture" et "profession"... 
Il y a dans les esprits cette croyance profondément ancrée qu'un travail, un vrai, c'est sérieux et que sérieux, c'est forcément pénible. Ou soigneux (cf. les reportages des chaînes régionales montrant des ébénistes, tailleurs de pierre et autres artisans rugueux). Mais certainement pas passionné, encore moins artistique. Les artistes sont des saltimbanques irréalistes qui vivent d'e champagne et d'eau fraîche... pas des gens sérieux. Et parmi eux, les écrivains sont les pires. Parce qu'"écrire, tout le monde peut le faire. "

La réalité, vous vous en doutez, est très différente.
Écrire, c'est tous les jours, 6 à 8H en moyenne, oublier (sauf quand on a des enfants) les congés scolaires et les jours de fête, se forcer à faire des pauses pour éviter le burn-out. C'est aussi flipper comme des malades pour payer les factures les "mois creux", négocier (avec plus ou moins de succès, parce que "tu comprends, nous aussi on a des problèmes..." ) des contrats, avoir toujours trois ou quatre projets à l'avance, faire des rencontres - scolaires, en médiathèque, en prison, etc. Et tout cela, pour des à-valoir (minimum garanti par l'éditeur) frisant trop souvent le ridicules et des droits allant de 0.60cents à 1 € par livre en moyenne (une fois le plafond dépassé). 
Et là, vous vous dites... C'est une profession ou un sacerdoce ? Parfois, on se le demande. En fait, la tendance actuelle  du gouvernement et de ses réformes, en dépit d'annonces pleines d'admiration et d'yeux pétillants pour le patrimoine culturel français,  irait plutôt vers le second choix. 
L’augmentation de la CSG n'est pas compensée, pour les auteurs.Aucune proposition concrète n'a été effectuée par la ministre. Le prélèvement à la source, lui, risque de piétiner la profession. 

"La rénovation du régime des artistes auteurs est un enjeu de la plus haute importance pour la vitalité créative et le rayonnement culturel de la France. Si la culture est véritablement enjeu de civilisation pour notre gouvernement et notre pays, il est temps de le prouver !"* Aujourd'hui, la ministre de la culture reçoit les associations et syndicats d'artistes auteurs pour discuter concrètement de la question. Espérons qu'un vrai plan d'action sortira de cette concertation. 

"Autrice, c'est votre seul métier?" 
Pour l'instant, je fais partie de celles et ceux qui peuvent dire : "Oui. Et, en dépit des galères, des riques, ça vaut le coup". Mais demain ? Dans deux ans ? Dans dix ans ? Je leur dirai quoi, à ces gamins ? Au-delà de la situation dramatique dans laquelle se trouve précipitée notre profession (avec, du bout des lèvres, enfin, un vague soutien du SNE... ), c'est un projet de monde carcéral qui est en train de se profiler. Un monde sans passion, sans rêve, sans imaginaire, sans rien. un monde gris.

Penser, réfléchir, rêver, apprendre, s'ouvrir, rire, pleurer... La culture et l'éducation sont les socles de la société. Un gouvernement qui s'y attaque, quelle que soit la méthode adoptée - en ce moment la réforme de l'université et l'asphyxie des artistes-auteurs, demain... - est une dictature en marche. 



 * (extrait d'un article sur le site #auteursencolere. Pour en savoir plus sur la situation des auteurs : https://www.auteursencolere.fr)

#auteursencolere #auteursendanger #payetonauteur
 



jeudi 14 juin 2018

Les Les Masques d'Azr'Khila (Shâhra - I) - Extrait 2

Tu sais, je n’étais ni la seule ni la plus douée. Au début, je ne comprenais pas pourquoi je n’étais pas mieux traitée que mes condisciples et j’ai perdu beaucoup de temps à bouder. Ensuite, ma nature double a rendu mon apprentissage plus compliqué. Je comprenais plus vite que les autres et ce, de manière intuitive. Alors les règles, les rituels, ça ne m’intéressait pas ! Je me suis assagie avec les années et, lorsqu’est venu le temps des ultimes épreuves, celles qui devaient faire de nous les gardiens des rites de notre peuple et de l’Équilibre entre le visible et l’invisible, entre les hommes et les dieux, j’étais prête. Et puis…
Arkhane s’interrompit. Yeshet posa une main noueuse sur son bras.
— Ce qui s’est passé… Cette violence, cette haine, me paraissent tellement irréelles ! poursuivit-elle d’une voix étranglée. J’ai le sentiment que c’était un cauchemar, ou que cela s’est produit il y a
très longtemps, qu’une autre que moi en a été victime. La seconde suivante, je cligne des yeux : je m’aperçois que je suis devenue aveugle et sourde à l’autre côté du monde ; je me prends de plein
fouet ce corps, cette blessure qui me rappelle ce qui m’a été arraché. Alors, j’ai le vertige, la nausée, je tombe en morceaux…
Le griot se saisit de la pipe accrochée à son cou, la bourra d’herbes sèches et l’alluma. Un mince filet de fumée s’éleva dans la nuit, s’y dispersa.
— Je ne suis plus personne, Yeshet, reprit-elle doucement. J’ai volé en éclats.
Le Nyambe la contempla un moment, puis chanta.

Tu es la mort et la vie o-oo
Sur le chemin
Ouvre les yeux et avance
Sur le chemin
Tu es la mort et la vie o-oo
Là-bas, tu retrouveras ton ombre o-oo-a-oo-a

samedi 9 juin 2018

Les Masques d'Azr'Khila (Shâhra - I) - Extrait

L’aube avait fui, laissant place à une lumière crue et à une chaleur étouffante. Même à l’abri des murs de sa chambre, Djiane transpirait, et chaque mouvement lui coûtait terriblement. Elle s’extirpa néanmoins de sa couche, effectua quelques étirements avant de se diriger, d’un pas décidé, vers les bains. Dans son dos, elle perçut les regards ennuyés de ses suivantes, contraintes de quitter le confort des méridiennes pour l’aider à se préparer. La jeune femme hésita : elle préférait se laver et s’habiller seule.
Toutefois, elle décida de les laisser la rejoindre, tant pour se venger de leur hypocrisie que pour se tenir au courant des derniers faits et gestes de sa belle-mère et de son insupportable fils. L’enfant, âgé d’un an à peine, se comportait déjà en tyran. Pour atteindre le hammam, il fallait traverser l’atrium, long d’une dizaine de qêben, avec la sensation de passer dans une fournaise.
Djiane poussa la double porte de bois noir incrusté de ferrures et pénétra dans une pièce éclairée par deux jours percés dans le plafond. Ses compagnes la rattrapèrent – plus vives qu’elle ne l’aurait cru. Sans doute la perspective de profiter de la douceur des parfums et de s’étourdir dans les volutes de vapeur.
— Samia, allume le poêle, ordonna Djiane.
Celle-ci, une fille aux étonnants yeux noirs, obéit. Mina, originaire d’un douar au sud d’Aïn Mên, se chargea de porter les seaux d’eau près du fourneau. Djiane attendit pour se déshabiller que Lenni, métisse nyambe aux traits fins, sorte de leur coffret de cuir le nécessaire de soins, savon noir, gants, huiles parfumées et brosse. Des fumerolles aux fragrances de miel envahirent peu à peu la salle. Assise sur un banc de pierre, Djiane s’aspergea d’eau chaude. Samia et Mina l’imitèrent. Lenni s’installa de l’autre côté de la source de chaleur, y versa de nouveau quelques gouttes d’essence de fleurs. Tout imprégnée encore de l’odeur de Riwan, de ses baisers, de ses paroles, Djiane ferma les yeux. Elle se rappela soudain les rimes de Lîla b’Rubya, la poétesse qui avait donné son nom à la rivière où elle s’était noyée.

Je voudrais prendre mon envol
Et m’enivrer de lumière
Alourdie par le poids des fers
Je demeure enchaînée au sol


lundi 28 mai 2018

Imaginales, le retour

De retour des imaginales, fatiguée mais heureuse de cette belle édition. Je garde des souvenirs de belles rencontres et retrouvailles, de tables rondes très intéressantes, d'une bulle du livre bondée - quatre jours de signatures non stop, c'était intense!... et suis ravie du bel accueil qui a été réservé à Shâhra : Les Masques d'Azr'Khila par le public... enfin, à la superbe couverture de Mélanie Delon, surtout! 

Ci-dessous, les liens vers les podcasts des deux premières  tables rondes auxquelles j'ai participé :

Épéistes et sabreurs : avec Ellen Kushner, table ronde animée par Anne besson. Hop

Toutes ces horreurs dans mes romans... : avec carina Rozenfeld, Roxane Dambre et carina Rozenfeld, table ronde animée par Valérie Lawson : Hip!

La suite devrait arrivée dans les prochains jours, je la mettrai en ligne et en lien surtout dès que possible. En attendant, je m'en vais rattraper le retard pris durant le festival. 


samedi 19 mai 2018

Imaginales

Je serai, comme chaque année, présente aux Imaginales du 24 au 27 mai. En plus des signatures et des tables rondes dont je vous livre le détail ci-dessous, j'aurai le plaisir de partager un déjeuner avec les lect-rice-eur.s qui le souhaitent le 25 mai à 13H... juste après le pot organisé par Lynks, la maison d'édition dans laquelle j'effectue de la direction d'ouvrage. 

Jeudi 24 mai, au magic idolize, à 18H.
Epéistes et autres sabreurs : la fantasy, parfois, ça pique!
J'interviendrai en compagnie d'Ellen Kushner, Lena Rémi-Kovach et la table ronde sera animée par Anne Besson.
*
Vendredi 25 mai, au magic deluxe, à 10H.
Toutes ces horreurs dans mes romans... ce n'est pas moi! 
J'interviendrai en compagnie de Carina Rozenfeld et Roxane dambre. La table ronde sera animée par Valérie Lawson.
A 12H15 aura lieu le pot organisé par les éditions Lynks, en compagnie de certains auteurs, d'Hicham et de Mathieu. Nous présenterons la maison et les romans à venir:)
A 13H, je déjeunerai donc avec ceux qui le souhaitent (sur inscription). Une expérience que j'avais adoré il y a quelques années, et que je suis très heureuse de réitérer.
*
Samedi 27 mai, au magic deluxe, à 13H.
Frankenstein a 200 ans... et c'est la créature des créatures.
J'y parlerai altérité, donc, avec Fabien Fernandez, Raphaël Eymery et Xavier Mauméjean. La table ronde sera animée par Natacha Vas-Deyres.
... au salon perdu, à 14H.
Romans historiques sur la 1ere Guerre mondiale.
Une table ronde avec Silène Edgar, Isabelle Fournie, Danielle Martinigol. Elle sera animée par jean-Claude Vantroyen. 





dimanche 13 mai 2018

Dans la mine le charbon n'est pas consulté*

Dans la mine, le charbon n'est pas consulté*. 
Matière première, uniforme et muette, on l'extrait, on la transforme, on la vide. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien d'elle. Alors, on la ferme, et on prospecte pour trouver une autre. Qu'on ouvre. Et qu'on exploite jusqu'à la lie. 
Dans le domaine du livre, l'auteur.trice n'est pas consulté.e. 
La différence, apparemment n'est évidente ni pour le ministère de la culture ni pour la tête du gouvernement, qui s'est empressé de créer des Assises du livre... sans auteurs  ( cf. l’article ici), et sans se donner la peine de répondre à l'invitation du Conseil permanent des Ecrivains aux Etats généraux du livre.
Je ne reviendrai pas ici sur cette question précise : je vous invite à vous renseigner sur le site de La Charte, à signer la pétition #auteursencolere et à la diffuser le plus largement possible. 
En revanche, je suis abasourdie par le silence des maisons d'éditions. A ma connaissance, cela avait déjà était peu ou prou le cas (à l'exception de Mnémos, de Lynks et d'Hélène Wadowski, directrice de Flammarion jeunesse, pour les questions de rémunération des auteur.trice.s au Salon de Paris, cf. ce lien). A l'époque (mars, ce n'est pas si loin), cela m'avait déjà perturbée.
Aujourd'hui,  cela me consterne.
Un.e auteur.trice peut être en désaccord avec son éditeur.trice sur son contrat, en négocier les conditions, etc. Mais ce qui est en jeu aujourd'hui n'a rien à voir.
Ce qui est en jeu aujourd'hui, ce ne sont ni les % de droits d'auteur, les conditions d'exploitation d'une œuvre, mais le statut social des auteurs et leur survie. Et, à moyen terme, celle des maisons d'éditions.
 Si les auteur.trice.s sont le charbon de la mine, les éditeur.trice.s sont les ouvrier.ère.s qui travaillent dans la mine. Même s'ils ont droit de parole (ou le pensent, car un droit muselé par la crainte ne l'est plus), ils ne sont pas si loin de Germinal. Et du chômage.

Pas de charbon, pas d'ouvrier.ère.  
Pas d'auteur.trice.s, pas de livres.






#auteursendanger #auteursencolere #pasdauteurspasdelivres #payetonauteur



*Merci à Bernard B.pour cette phrase, qui résume bien notre situation.











mercredi 9 mai 2018

#Auteursendanger

A 11 jours des Etats généraux du Livre, prévus le 22 mai prochain, et devant la situation extrêmement préoccupante des auteur-trice-s, je relaie ici un extrait du communiqué de La Charte ainsi que la lettre ouverte du conseil Permanent des Ecrivains, adressée ce jour au gouvernement. 

Je vous invite à la relayer le plus possible sur les réseaux avec les hashtags : #Payetonauteur #Auteursendanger
D'avance, merci. 


"Au 1er janvier 2019, des réformes vont complètement bouleverser notre régime actuel. Nous mesurons nos propos en disant qu'il s'agit là, pour tous les auteurs, d'une catastrophe sociale et culturelle annoncée. À ce jour, aucune concertation n'a eu lieu avec les décisionnaires de ces réformes et les associations d'auteur. Les auteurs sont tout simplement ignorés, en dépit d'un courrier daté du 27 septembre 2017 promettant une transparence des informations et un travail commun. Le Conseil Permanent des Écrivains a donc adressé une lettre ouverte au gouvernement.
Extrait du Communiqué de La Charte.




vendredi 4 mai 2018

Beaux et bons (kaloi k'agathoi)

Nous vivons dans une société dominée par un modèle patriarcal et utilitariste, dans lequel priment : les chiffres, une rationalité pseudo-scientifique mais rassurante et une bonne dose de cynisme. 
Pour être crédible, il faut  :
*être  de préférence un homme (cf. écarts de salaires, différences obtenues sur les contrats, etc.) ;
*s'armer d'une logique fondée sur des raisonnements "objectifs" et de mots tels que "réformes", "austérité", "profit", "statistiques", etc. (ce qui permet de parler de "dégraissage" humain, par exemple)
* détruire, se moquer, etc. pour exister tout ce qui évoque l'émotion (faiblesse), les sentiments (sensiblerie), la compassion (niaiserie), nature (petits oiseaux gnagnagna) etc.
Même si ce modèle  vacille, notamment grâce aux réseaux sociaux , les dégâts sont là : nous passons et perdons beaucoup de temps à nous justifier et à nous excuser de ressentir - joie, peine, amour, attendrissement, etc. 
Les "bons sentiments", ce n'est pas mal. C'est plutôt beau, en fait. Et même si - là, vous voyez, par atavisme, je commence à me justifier - ça ne fait pas des nœuds au cerveau, ça n'est pas grave. 
Ce qui l'est beaucoup plus, à mon sens,  c'est de s'amputer d'une partie de soi-même au prétexte que c'est... quoi au juste ?
*une preuve de faiblesse : seules les femmes (et les enfants) pleurent (conditionnement sexiste);
* irrationnel, donc subjectif (une émotion ne serait donc pas juste, parce que ressentie ; un jugement le serait, parce qu'il serait... édicté... par une personne ?)
* un signe de mollesse (bon, là, on est chez les grecs anciens, et on nage en plein sexisme- la femme est molle, l'homme fier et guerrier, dixit Homère, Platon et les autres).
Vous voyez où je veux en venir, là ? Ben oui, au fait qu'il est grand temps de lâcher ce p... de modèle hérité du pire des Lumières et développé dans l'allégresse du code Napoléon et l'esclavage ouvrier des mines, de respirer un grand coup et d'OSER.
OSER aimer. 
OSER pleurer.
OSER ressentir - les beaux et bons sentiments (joies, peines, allégresses, etc.).

Ca, c'est prendre un vrai risque. Et c'est un véritable acte de courage.  



Un grand merci à Bertrand, qui m'a inspiré cet article. glee & cats forever!

lundi 16 avril 2018

Dignité, humanité...


J’avais écrit un article dont j’étais extrêmement fière, au moment du second tour des présidentielles : j’y comparais Marine à  la sorcière du placard à balais et Jupiter à un simple cadenas qui servirait à fermer le placard,  certainement pas à détruire ladite sorcière. L’article a été détruit par une fausse manip. Et, à la réflexion, je me trompais un peu. Parce que Jupiter fait alliance avec la sorcière (nouvelle loi sur l’immigration) et s’en fout du moment que ça lui rapporte.
Bref.
Il y a quand même une constante à tout cela : on utilise les mêmes ruses « tous contre l’épouvantail FN » pour faire passer le pire : oui, je pense sincèrement que ce qui se passe aujourd’hui est au moins aussi grave que ce qui se serait passé si… (Cela aurait été très violent, c’est clair mais les gens se seraient bougés en masse) pourquoi ? Parce qu’on perd tout, en ce moment et je ne parle pas ici de privilèges – les vrais, les seuls, ce sont les très riches, les proches du pouvoir, les B. Arnault et autres qui les ont, pas les cheminots –, mais de tout ce qui a été acquis en termes de droit à vivre dignement : alors, oui, bien sûr « on a de la chance de vivre en France et pas ailleurs… », on finit par ne plus en avoir tant que ça, vous savez ? Surtout quand on suit les pires modèles de nos voisins d’Europe et d’ailleurs : par exemple, la privatisation des chemins de fer, qui va coûter une blinde et ne va rien arranger (éventuellement, mettre les employés des rails au chômage).
Penser que la modernisation, les réformes « nécessaires » (mais ça fait 30 ans qu’on nous serine la même chose, généralement dans la bouche d’experts invités au JT, toujours les mêmes, seuls la coiffure change, qui sont juste la voix de leur maître), c’est toujours aller vers le pire,  c’est aberrant. Moins de droits, pas de sécurité sociale (ben y en a qui profitent… mais non, en fait, faut arrêter de croire ces conneries, « il y en a forcément qui », mais on n’est pas dans une classe de maternelle où tous les élèves sont punis parce qu’il y en a un qui a dit un gros mot, que je sache… on est en République, pour autant que cela ait encore un sens), travailler sans pause, sans droit (y en a 15 qui attendent pour avoir ton poste, c’est déjà une chance de travailler), ce n’est pas de la modernisation ni de la modernité.
C’est un retour en arrière.
Un énorme retour en arrière.
Après les « sans dents » de Hollande, « ceux qui ne sont rien » de Macron ? La réalité est contenue dans ces quelques mots, chargés de mépris. Et il ne faut pas croire que ces « sans dents », « ceux qui ne sont rien », ce sont les chômeurs (qui ne veulent pas bosser c’est bien connu), les cheminots, ou tous ceux qui font des boulots jugés indignes par les autres (genre homme ou femme de ménage, etc.). Ceux qui ne sont rien, les sans dents, c’est vous, c’est moi, en kg de force de travail (comme on parle de viande sur pattes pour le bétail élevé dans l’industrie).
Nous ne sommes riens, parce que nous ne sommes pas humains.
Et c’est ce retour en arrière qui est extrêmement dangereux, parce qu’il nous dépouille de notre dignité et parce qu’il nous apprend à en dépouiller les autres.
Réfléchissons deux minutes à cela.
A ce que nous volent « ceux qui sont tout », les « trop de dents »…
Au lieu de rentrer dans leur jeu, peut-être serait-il temps de nous réveiller et de penser à récupérer l’estime, la dignité et l’humanité qu’ils nous arrachent ?

#OnVautMieuxQueCa