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mardi 7 août 2012

La forêt bulgare

Deuxième partie de cette escapade bulgare... Une journée un peu folle - et sans photo de mon côté du côté du Mont Vitosha, une montagne située à une dizaine de kilomètres de Sofia, le plus ancien parc naturel de Bulgarie. Là, nous avons marché, grimpé, marché, et goûté des framboises sauvages ainsi que des fraises des bois. Un tout petit aperçu, et encore un peu trop civilisé à notre goût de la nature de ce magnifique pays. La grande découverte, ce fut le mont Rila et la région des Rhodopes. Là, les forêts bleu-vertes sont épaisses, à flanc de montagnes et de collines. ce jour-là, conduits par notre logeur et son adorable fille, nous avons découvert le monastère de Rila, l'un des plus vieux de Bulgarie, et le plus grand, situé dans les montagnes éponymes





Ensuite, nous avons continué, dans les paysages toujours préservés et superbes (j'imaginais des galops, de longues balades...) des Rhodopes, jusqu'à Betsila. Les panneaux indicatifs de Bulgarie étant ce qu'ils sont, il a fallu tourner pas mal de temps avant de trouver. Mais finalement, nous sommes arrivés au Parc des ours danseurs de Betsila, plus exactement un sanctuaire pour nos frères poilus rescapés d'années de maltraitance. En effet, cette coutume datant du Moyen-âge, longtemps perpétrée par les Gypsie du pays (cette pratique est interdite depuis 1993 et il n'y a plus d'ours danseurs en Bulgarie), consiste à faire danser les ours au son d'un violon. Pour cela, les malheureux, arrachés bien trop jeunes à leur mère (qui a dit chasse et braconnage ?) étaient entraînés avec :
- 1 anneau de métal dans le nez, histoire de les amputerd'une une partie extrêmement sensible, et utile puisqu'ils ne voient pas très bien..
- des braises sous les pieds, et le son du violon pour ryhtmer leur douleur...
Ce, sans compter d'autres mauvais traitements, comme les coups de bâton. Tant qu'à faire. En écoutant l'une des personnes chargées d'expliquer la raison d'être de ce parc et l'état dans lesquels se trouvaient certains ours - l'une, devenue aveugle à la suite de coups, justement - j'en avais les larmes aux yeux. Et puis, après, on s'est baladés dans le sanctuaire, en fait des allées escarpées, puisqu'il est situé dans une forêt à flanc de montagne.Là, les ours peuvent réapprendre, protégés des hommes, à exister en tant qu'ours, à créer des liens entre eux... 
liens amicaux

... ou moins
Ou, simplement, réapprendre à vivre, du mieux qu'ils peuvent. l'une des plus grandes fiertés des responsables du parc ? Tous les ours, ou presque, on recommencé à hiberné, ce qui était impossible lorsqu'ils étaient en captivité. 

 

dimanche 5 août 2012

Maintenant ? Vraiment ?

Je voulais faire un blog sur l'aspect "nature" de la Bulgarie et parler des ours. Mais je suis, comme certains d'entre-vous peut-être abonnée à des blogs comme Fini de rire et la liste de diffusion RESF. Et quand je lis ça : 
Le 29 juin 2012, le collectif Romeurope interpellait le Premier Ministre: "La situation des Roms roumains et bulgares en France demeure extrêmement préoccupante : évacuations à répétition des lieux de vie, expulsions du territoire, entraves dans l’accès au droit commun (scolarisation, santé, protection sociale…), difficulté voire impossibilité effective d’accéder à l’emploi salarié, stigmatisation".
S'adressant aux préfets le 31 juillet 2012, le ministre de l'intérieur annonce des mesures angoissantes pour les Roms et leurs amis.: "(…) la question difficile et complexe des campements de Roms. En tant que ministre de l’Intérieur, je n’accepterai pas que se développent, notamment dans les grandes agglomérations, des zones échappant au droit. Je vous demande donc de faire appliquer les décisions de justice en procédant à l’évacuation des campements. Je vous demande de le faire en accord avec les élus concernés, et en liaison très étroite avec les associations qui prennent en charge les populations. Mais le message est clair : les décisions de justice doivent être appliquées". Ce sera prochainement le cas à Villeneuve-d'Ascq, comme cela l'a été il y a quelques jours à Marseille.
En attendant, le collectif La voix des Rroms souhaite courage au gouvernement: " (...) Tout est une question de définition des mots « changement » et « maintenant ». Car « maintenant », c’est toujours, et toujours, ça peut durer plus ou moins. Les récentes déclarations de M. Valls c’est presque maintenant, mais on a du mal à y voir quelque changement en ce qui concerne le traitement des Rroms. En effet, le ministre se dit obligé de poursuivre les expulsions des Rroms, au point même d’imiter non seulement les méthodes, mais aussi le vocabulaire de M. Hortefeux. M. Valls ne parle pas d’expulsions, mais de « démantèlements », un mot qui évoque plutôt des réseaux et qui n’avait pas été choisi au hasard par Hortefeux. D’ailleurs, faut-il le rappeler, à cette période là, M. Hortefeux avait repris la fameuse formule de Charles Maurras « la France n’est pas un terrain vague », pour justifier les « démantèlements des camps »...

L'intégralité de l'article, plus mesuré que les propos que j'ai choisis, est à lire sur ce lien

Et que penser de l'appel urgent de RESF, reçu ce matin ? 

A Lyon comme ailleurs en France sans doute, on espérait passer un été plus tranquille sous un gouvernement de gauche. On osait y croire, même avec quelques doutes.
Il y a bien eu quelques régularisations par la préfecture du Rhône; on s'en réjouit. Mais ces régularisations ne doivent pas cacher la volonté politique de continuer les expulsions, sous des airs peut-être plus "soft".

1) La famille Mamoï, un couple avec 2 enfants, ne sont pas en rétention, mais assignés à résidence. La préfecture met tout en œuvre pour obtenir des laissez-passer (présentation à l'ambassade le 9 août) et expulser cette famille avant la rentrée scolaire.
 
2) Mr Mechemoum, père de 5 enfants dont 2 français, n'est pas en rétention, mais lui aussi assigné à résidence. Victime d'une double peine, il devait être expulsé le 2 aout. Il ne s'est pas présenté. La police s'est présentée à deux reprises le 2 août à son domicile.
 
On ne peut laisser la gauche appliquer la double peine.
L'assignation à résidence ne doit pas être le nouveau moyen "propre " pour expulser parents et enfants.
Il n'y a pas eu, dans le Rhône, de famille connue et soutenue, expulsée depuis longtemps.  La famille Mamoï sera -telle la première famille (connue de RESF) expulsée par la gauche ?
 
Pétition famille Mamoï : http://resf.info/P2368
Pétition M. Mechemoum : http://resf.info/P2365

Certes, je ne m'attendais pas à ce que le PS pratique une politique de gauche en matière d'immigration et de droits de l'homme, mais je ne pensais pas que le ministre de l'intérieur se montrerait si appliqué à suivre les pas de ses prédécesseurs. 
La politique de la honte, c'est encore et maintenant.


mercredi 1 août 2012

Lyre d'Orphée bulgare

Orphée, oui. Orphée était Bulgare. Thrace, plus exactement. Une civilisation dont les premières traces (fallait bien la faire, celle-ci...) remontent à plus de 5000 ans. 
Les pierres, ce sont les vestiges thraces

Des peuples de cavaliers (à mon grand plaisir, j'ai découvert un nombre incalculable de bas-reliefs équestres au musée d'archéologie de Sofia), qui vouaient un culte à Dionysos (d'où Orphée), étaient bien trop olé-olé du point de vue des Grecs... Et je ne vous parle même pas des Romains.
stade de Plovdiv

bref, des gens bien, en somme (avec des mors brisés pour les chevaux, de magnifiques ornements sur les filets et harnachements...) Pour continuer sur les chevaux : il y en a beaucoup, en Bulgarie, et chaque matin à Sofia un ou deux gypsies passaient avec leur carriole. Et oui, j'en ai bisouillé un qui ressemblait à Anas.
Anas, du Ranch Ain Soltane


 Drôle, de voir qu'à chaque fois, une barrière s'abolit complètement : je veux dire, a priori, le cheval "Anas G" (Anas Gypsie) ne demandait rien, il attendait patiemment que son humain revienne. Et je me suis approchée, lui a mis les oreilles en arrière juste histoire de dire : "euh, on se connaît?" et puis je l'ai gratouillé "dans une autre vie, peut-être, mais quelle importance ?" et voilà... J'ai passé trois minutes de partage extatique mutuel de gratouilles, bavouilles, jeux de bout de nez dans la paume et de plénitude partagée, avec Anas, quelques heures avant de prendre l'avion. C'était l'aspect Thrace, auquel il faut rajouter un passage "philippique" puisque le papa d'Alexandre le Grand a fondé Philippopolis (Plovdiv) et que, si l'on en croit les Bulgares, Alexandre était Thrace...
Une histoire tumultueuse, tragique et héroïque, avec son lot de saints - notamment Dimitri, qui a symboliquement (du moins, c'est ce que nous a expliqué la très gentille dame de l'église orthodoxe éponyme de Plovdiv) bouté Maximilien le byzantin hors de Bulgarie. 

ruines byzantines

Les églises orthodoxes sont superbes, colorées, chaleureuses, pleines d'icônes, forcément et à propos... 
musée des icônes sous la cathédrale Alexandre Nevski

Bon, avec toutes ces photos, je m'y perds... J'en étais au carrefour des cultures, ce me semble : occupation ottomane, proximité de la Grèce et de la Roumanie, régionalisme très fort né des différentes cultures et influences... Bizarre de se dire que l'on a été "programmés" pour ignorer ce pays (de "l'est"), qu'on ne connaisse de la Bulgarie que les yaourts et la plage, j'exagère à peine, alors qu'il est passionnant à découvrir. En matière d'art, l'une des plus belle découvertes fut Maystora , peintre à cheval entre le 19ème et le 2ème siècle dont les compositions et certaines couleursm'ont fait penser à Frida Kahlo : 


Maystora
 Mais je sais que Frida elle-même s'inspirait d’icônes... Bref, des techniques très diversifiées, étonnant quand on est habitué à un 'style unique" et c'est ce qui m'a séduite, cette incapacité à se laisser enfermer dans une case "il est comme-ci ou comme ça", ses peintures sont avant tout thématiques, et les formes changent. Sofia, c'était notre "base". Un superbe appartement dans un petit quartier assez calme, plein de vieilles et adorables maisons, et de chats errants. En Bulgarie, il y a environ 11 000 chiens errants et au moins autant sinon plus de chats. Mais, contrairement à d'autres pays comme la France, où ils sont traqués et tués, ou le Maroc où tout le monde s'en fout (et le niveau de vie de la Bulgarie est quasi aussi bas qu'au Maroc) là, les gens s'en occupent, les nourrissent, laissent à boire pour les chats sur le pas des portes, et ça ne pose de problème à personne. Moi, je dis ça... Sofia, c'est un mélange (encore, oui!) de Berlin (Kreuzberg), Vienne et du Maroc (plutôt du nord), avec des blocs de béton pas très heureux qui côtoient des toits pointus, des arbres partout, des cafés (ah, les cafés frappés...), et des gens souriants, sympa, relax. 







Voilà pour le côté culture, l'aspect nature, ce sera la montagne, les forêts où l'on découvre des framboises sauvages et des fraises des bois, les ours... next time, next blog!