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mardi 19 octobre 2010

Manifestations et grèves

Comme d'habitude, je débarque : il a fallu un coup de téléphone matinal pour me pousser à reprendre le chemin de Médiapart et Rue 89, tout occupée que je suis avec ces histoires d'enregistrement. Et là, je découvre :
La garde à vue traumatisante de six lycéens de Fontainebleau... Ci-dessous, un extrait de l'article :

«Les jeunes gens de 15 à 16 ans ont été placés en garde à vue dans des conditions indécentes, menacés et humiliés par la police, leurs familles ne veulent pas laisser passer cette injustice et les pratiques dégradantes que leurs enfants ont subies»

Les six jeunes gens ont été arrêtés entre 13h15 et 14h15, à l'issue d'une manifestation, mardi 12, dans le centre ville de Fontainebleau par les forces de l'ordre. L'arrestation était musclée, l'un des jeunes se serait vu appliquer un sac de toile sur la tête, les bras tirés en arrière et frappé à plusieurs reprises. Pour les autres, la même méthode mais avec les capuches de leur jogging. Menottés, placés engarde à vue et accusés au final de rébellion à agent de la force publique, les lycéens ont vécu de l'intérieur les méthodes policières largement dénoncées depuis que le nombre de gardes à vue a explosé sous la politique du chiffre instiguée par le chef de l'état.
Cette manifestation n'avait pas vu de casseurs ou d'affrontements violents, pas d'agressions de policiers, de blessés, aucun flagrant délit au moment des faits.

La police prend son temps, les parents dans l'incompréhension.

Les adolescents étaient pour quatre d'entre eux (sur 6) inconnus des services de police : des élèves de seconde qui participaient à leur première manifestation. Le procès-verbal montré à des parents, truffé de fautes d'orthographes, indiquait que les jeunes étaient «recherchés». Les descriptions des lycéens ne correspondaient pas à la réalité, les jeunes ne savaient même pas qu'ils étaient «recherchés» lorsqu'ils ont été interpellés, chacun en train de déjeuner tranquillement en ville dans des lieux différents ou chez eux. Leur garde à vue a été une épreuve qu'ils n'oublieront pas de sitôt, et à l'écoute de leurs témoignages ainsi que ceux de leurs parents, on peut se poser la question de savoir si la motivation principale de la policede Fontainebleau n'était pas d'humilier, impressionner, apeurer. Lamarque indélébile que ces policiers ont laissée à ces adolescents n'est pas prête de s'effacer : déshabillés (en caleçon), à 3 dans une cellule de 4 mètres carrés couverte de vomi, d'excréments, d'urine, l'un d'entre eux d'origine Africaine frappé à plusieurs reprises, dans une voiture de Police et dans sa cellule. Les parents témoignent des ricanements des policiers, de leurs menaces à peine déguisés sur l'issue judiciaire (voir interview de la mère d'un des jeunes).


L'intégralité de l'article de Médiapart se trouve sur ce lien.

Dans le même temps, la loi Besson sur l'immigration est voté, et adoptée. Utiliseraient-ils les grèves et l'indignation liée aux violences policières, toujours plus nombreuses, pour faire passer... ça ? 
Encore une fois, un extrait de l'artcile de Médiapart, dont l'intégralité peur se lire ici. 

Avec 294 voix pour, 239 contre et 23 abstentions, le projet de loi sur l'immigration, l'intégration et la nationalité a été adopté, mardi 12 octobre, à l'Assemblée nationale, en première lecture. De l'extension de la déchéance de la nationalité au bannissement des sans-papiers expulsés en passant par la création de nouvelles zones d'attente, la limitation du rôle des juges des libertés ou encore la mise en cause du droit au séjour des étrangers malades, la totalité des mesures répressives défendues par le gouvernement ont été votées.
Présenté par Éric Besson, ce texte intègre la plupart des annonces ultra-sécuritaires faites par Nicolas Sarkozy dans son discours de Grenoble du 30 juillet 2010. Seule la suppression de l'acquisition automatique de la nationalité à 18 ans pour les mineurs «délinquants» a été mise de côté. Pour l'instant, tout du moins. Sans perdre de temps, le jour même du vote solennel, une mission parlementaire d'information sur le droit de la nationalité a été créée à la demande de Claude Goasguen (UMP). Jugeant la question prioritaire, le chef d'État avait fait savoir, auparavant, son intention de mettre en place une commission de «sages» sur ce thème.

Liberté, égalité, fraternité...  Adieu.






lundi 18 octobre 2010

Montreuil : Juke boxe ados

Je l'avais peut-être déjà évoqué, mais Noire Lagune est cette année dans la sélection du jukebox ados 2010 au Salon de Montreuil. C'est super, non ? Mais n"'imaginez pas que je sois conviée à y aller les mains vides... Un jukebox ne peut exister sans titres, et parmi ceux-ci on me demande un objet, un livre, un film, moi ado (cauchemardesque, celui-ci), une musique... Plus de renseignements par ici ou par là!


Pas très ado, mais tellement... Bref, ce n'est certainement pas ça que je choisirai!
Et je profite de ce post pour signaler que Princesses des os dont vous avez pu lire un extrait ici, sort officiellement le 28 octobre dans la même collection - courants noirs, donc.

mercredi 13 octobre 2010

Lectures du Maroc

J'ai emmené pas mal de choses à lire, cette fois-ci. Balzac, Frost, Clavel et Nicodème. J'évoquerai dans ce court billet écrit juste avant de faire ma valise les deux derniers.
Les Gentlemen de la nuit, d'abord.  paru fin août aux éditions Gulf Stream, dans la collection Courants noirs.

Cela se passe sur l'île de Wight, en 1786. On y suit les tribulations d'une famille de contrebandiers, menée d'une poigne de fer par Ezebener, le patriarche, les amours naissantes de sa fille, Elisabeth et d'un jeune médecin, Gabriel... On essaie surtout d'y démasquer un traître qui, en cheville avec les gardes-côtes, menace Ezebener et les siens. Et quand le meurtre d'un dragon est commis, tout s'accélère... Très agréable à lire, avec des personnages attachants, dans la droite ligne de la "littérature de naufrageurs", Les Gentlemen de la nuit ont pour moi des accents de Daphné du Maurier et j'ai vraiment apprécié! 
Fabien Clavel, ensuite. 


Avec Soleil des abysses, plongée vertigineuse et angoissante dans un monde sous-marin... A bord du vaisseau, un équipage étrange et... des traitres. Un huis-clos très réussi, chez Mango (collection autres mondes). 
Avec Le Châtiment des flèches, ensuite, paru en septembre dernier aux éditions Pygmalion. Fantasy historique (adulte), ce roman est à mon sens le meilleur de Fabien Clavel, le plus riche et le plus... plein de choses. J'avais adoré L'Antilégende et La Cité de Satan, Homo Vampiris aussi, mais il y a dans celui-ci un truc en plus, qui vous prend aux tripes et ne vous lâche plus. Il y a l'ambiance, bien sûr, le western sergioléonien, le vent âpre, les visages bruinés, les odeurs de chevaux, et de l'autre côté les parfums métalliques, maladifs d'Istvan et des siens (àce propos, Fabien Clavel évite les clichés "gentils païens contre méchants chrétiens", et c'est bien agréable). Il y a aussi des personnages, "bigger than life" comme Koppany ou Sarolta, plus énigmatiques comme Farkas et, pour moi mais c'est probablement parce que je ne susi aps objective, duna, la chamane, âme de la terre magyare. Et enfin, il y a les motifs récurrents aux romans de Fabien Clavel - qui font de cette fresque un roman vraiment profond, prenant et auquel je souhaite plein de prix. Vraiment.